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Nougé et Magritte

Les Objets bouleversants

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Valentina Bianchi

Le présent ouvrage se propose d’analyser la démarche des surréalistes bruxellois Paul Nougé et René Magritte, qui consiste en la création d’« objets bouleversants ». Cette notion capitale de la pensée, de l’écriture et de l’action de Paul Nougé se trouva également au cœur de l’eshétique de Magritte devenu surréaliste.
Il s’appuie sur des textes théoriques de Nougé, mais aussi sur de nombreux textes de Magritte et sur la riche correspondance qu’ils ont entretenue afin de surprendre la façon dont les objets – les plus banals le plus souvent – sont censés provoquer une sensation chez le spectateur et bousculer ainsi ses habitudes.
Il s’attarde par conséquent sur plusieurs créations de Magritte, mais analyse également, dans cette perspective, quelques-uns des textes poétiques de Paul Nougé.
L’ouvrage s’attache enfin à la question de l’efficacité de cette entreprise, et de sa pertinence à long terme.
De subtils et inattendus décalages avec les discours antérieurs à leurs avancées s’y opèrent, et qu’ils intègrent pour les mieux retourner.
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Sur les titres

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C’est surtout Nougé (mais aussi, et surtout dans la période qui suivra à leur rupture, d’autres amis proches du peintre, tels que Scutenaire ou Colinet, quelque fois Marien, et très rarement le peintre lui-même), qui trouva des titres aux toiles de Magritte. D’habitude, les titres de tableaux sont ou bien banals, décrivant en quelques mots ce que l’on voit sur la toile, ou bien neutres, ou bien, parfois, ils relèvent de la provocation. Quelle pourrait être la relation entre l’image et le titre dans le cas de cette peinture inspirée, où rien ne semble laissé au hasard ? Le peintre affirme qu’il ne peut peindre un tableau avant qu’il ne soit complètement terminé dans sa tête. Le titre vient donc après, comme le dit d’ailleurs Nougé, dans Pour s’approcher de René Magritte :

Chez Magritte, les titres jouent un rôle important, mais qui n’est pas celui que l’on serait tenté d’imaginer. Le titre n’est pas un programme à remplir. Il vient après le tableau. Il en est comme la confirmation et souvent il constitue une manifestation exemplaire de l’efficacité dont l’image est douée1.

N’étant pas un simple commentaire, le titre constitue le résultat d’une démarche pareille à celle que le peintre opère sur la toile et qui valide ainsi l’efficacité de celle-ci ; il est donc indifférent, comme le souligne par la suite Nougé, « que ce titre naisse après coup dans l’esprit...

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