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Nougé et Magritte

Les Objets bouleversants

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Valentina Bianchi

Le présent ouvrage se propose d’analyser la démarche des surréalistes bruxellois Paul Nougé et René Magritte, qui consiste en la création d’« objets bouleversants ». Cette notion capitale de la pensée, de l’écriture et de l’action de Paul Nougé se trouva également au cœur de l’eshétique de Magritte devenu surréaliste.
Il s’appuie sur des textes théoriques de Nougé, mais aussi sur de nombreux textes de Magritte et sur la riche correspondance qu’ils ont entretenue afin de surprendre la façon dont les objets – les plus banals le plus souvent – sont censés provoquer une sensation chez le spectateur et bousculer ainsi ses habitudes.
Il s’attarde par conséquent sur plusieurs créations de Magritte, mais analyse également, dans cette perspective, quelques-uns des textes poétiques de Paul Nougé.
L’ouvrage s’attache enfin à la question de l’efficacité de cette entreprise, et de sa pertinence à long terme.
De subtils et inattendus décalages avec les discours antérieurs à leurs avancées s’y opèrent, et qu’ils intègrent pour les mieux retourner.
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Deux artistes : parcours biographique

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Paul Nougé et René Magritte : deux grands esprits dont la rencontre fertile s’opère en 1926, année qui marquera le début d’une longue amitié et des recherches artistiques communes, qui dureront d’ailleurs une trentaine d’années. Leurs parcours respectifs jusqu’alors ? Donnons, pour ce qui est de Magritte, la parole au peintre lui-même, qui, dans le texte intitulé Esquisse autobiographique, confesse1 : « René-François-Ghislain Magritte est né le 21 novembre 1898 à Lessines, dans la province de Hainaut. Son père, Léopold Magritte et sa mère, Régina Bertinchamps vivaient alors dans une maison qui a disparu. »2

Un premier souvenir ? « De son berceau, René Magritte a vu des hommes casqués qui portaient l’enveloppe d’un ballon échoué sur le toit de la demeure familiale. » Souvenir auquel se référera également Louis Scutenaire (lui aussi ami constant du peintre depuis leur rencontre de 1927) comme à un des premiers moments qui auraient déclenché en Magritte le sentiment du « mystère » sur lequel le peintre centrera toute recherche et qui l’accompagnera toute sa vie : d’après Scutenaire, ce serait à Gilly, petite commune près de Charleroi que le petit René aurait vu ce ballon qu’il fallut arracher, et cette « longue chose molle, que des messieurs coiffés de casquettes à oreillettes et vêtus de cuir ont dû traîner dans les escaliers, avec des mines entendues, lui a paru extraordinaire »3. Le peintre lui-même s’en explique dans une interview accordée à Jan...

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