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Nougé et Magritte

Les Objets bouleversants

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Valentina Bianchi

Le présent ouvrage se propose d’analyser la démarche des surréalistes bruxellois Paul Nougé et René Magritte, qui consiste en la création d’« objets bouleversants ». Cette notion capitale de la pensée, de l’écriture et de l’action de Paul Nougé se trouva également au cœur de l’eshétique de Magritte devenu surréaliste.
Il s’appuie sur des textes théoriques de Nougé, mais aussi sur de nombreux textes de Magritte et sur la riche correspondance qu’ils ont entretenue afin de surprendre la façon dont les objets – les plus banals le plus souvent – sont censés provoquer une sensation chez le spectateur et bousculer ainsi ses habitudes.
Il s’attarde par conséquent sur plusieurs créations de Magritte, mais analyse également, dans cette perspective, quelques-uns des textes poétiques de Paul Nougé.
L’ouvrage s’attache enfin à la question de l’efficacité de cette entreprise, et de sa pertinence à long terme.
De subtils et inattendus décalages avec les discours antérieurs à leurs avancées s’y opèrent, et qu’ils intègrent pour les mieux retourner.
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Tout un programme se dessine. Lettres datées 1926-1928 ; lettre 114 (Nougé à Magritte, novembre 1927) ; autres textes datés 1927-1929

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Tout un programme se dessine

Lettres datées 1926-1928 ; lettre 114 (Nougé à Magritte, novembre 1927) ; autres textes datés 1927-1929

Dans la lettre 55, datée mercredi 13 octobre [1926], Nougé communique à Souris, sans donner des détails supplémentaires, la découverte d’une « entreprise bouleversante » : « Je viens de concevoir une entreprise bouleversante. Vraiment digne de nous. » Une demi-année plus tard, une autre lettre (lettre 74, datée de 19 avril 1927) parle des recherches que le poète entreprend alors en les termes suivants : « J’ai le sentiment à nouveau de frôler quelque chose d’essentiel. Et comme toujours, je compte sur une brusque illumination qui mettra tout en place. » Il s’agit vraisemblablement là de recherches sur le langage, mais aussi sur l’image, recherches qu’il développera, avec son ami Magritte – et sur l’œuvre de celui-ci également –, à partir de cette période (le peintre séjourne alors au Perreux-sur-Marne). Nougé envoie à Magritte quelques exemplaires du Catalogue Samuel censé apparaître bientôt, et dont le peintre parle aussi dans la lettre 105, datée vendredi [septembre 1927] qu’il adresse à Nougé ; la même lettre se réfère à la réalisation de deux toiles, que Magritte décrit sommairement à son ami : Une Promenade dans le fleuve et Les Jambes du ciel1. D’autres lettres suivent, sur la publication de la plaquette Clarisse Juranville, Magritte insistant aussi pour que Nougé vienne le rejoindre en France. Nougé répond (lettre 110, sans date [novembre 1927]), insistant à son tour...

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