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Nougé et Magritte

Les Objets bouleversants

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Valentina Bianchi

Le présent ouvrage se propose d’analyser la démarche des surréalistes bruxellois Paul Nougé et René Magritte, qui consiste en la création d’« objets bouleversants ». Cette notion capitale de la pensée, de l’écriture et de l’action de Paul Nougé se trouva également au cœur de l’eshétique de Magritte devenu surréaliste.
Il s’appuie sur des textes théoriques de Nougé, mais aussi sur de nombreux textes de Magritte et sur la riche correspondance qu’ils ont entretenue afin de surprendre la façon dont les objets – les plus banals le plus souvent – sont censés provoquer une sensation chez le spectateur et bousculer ainsi ses habitudes.
Il s’attarde par conséquent sur plusieurs créations de Magritte, mais analyse également, dans cette perspective, quelques-uns des textes poétiques de Paul Nougé.
L’ouvrage s’attache enfin à la question de l’efficacité de cette entreprise, et de sa pertinence à long terme.
De subtils et inattendus décalages avec les discours antérieurs à leurs avancées s’y opèrent, et qu’ils intègrent pour les mieux retourner.
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Subversion des images (1929-1930)

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Tout un programme se dessine donc à partir des années 1927-1928, programme qui sera méticuleusement développé par les deux artistes, et cela surtout dans les années précédant la guerre. La série de Fragments en contient aussi de nombreuses références ; les textes de Fragments auxquels on va se référer, datés 1927-1928, écrits à peu près en même temps que la lettre 114 commencent à développer peu à peu la théorie des objets bouleversants : ainsi, dans Fragments [13]1, il est toujours question de l’objet et de l’effet bouleversant qu’il est censé avoir. Car « que souhaiter, qu’entreprendre, si ce n’est de former quelque objet qui se passe de nous ? »

Toujours dans Fragments 2e série, Nougé affirme :

[15] Il y a deux ordres de surprises. D’une part, celles qui « résultent de l’apparition d’objets inconnus et totalement imprévisibles (qu’un monstre surgisse par exemple) », mais aussi « celle qui résulte d’une différence entre ce que nous avions prévu et ce qui arrive. Sans doute les dernières sont-elles les plus fortes. L’apparition d’un monstre peut nous laisser indifférents, car sa présence ne nous engage nullement. Mais que l’objet surprenant nous trouve en défaut, il est difficile de demeurer insensibles, car nous voilà compromis. » La nature véritable de l’objet est censée donc provoquer un effet qui bouleverse et le spectateur, et son créateur ; à nouveau, la simple apparition...

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