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Nougé et Magritte

Les Objets bouleversants

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Valentina Bianchi

Le présent ouvrage se propose d’analyser la démarche des surréalistes bruxellois Paul Nougé et René Magritte, qui consiste en la création d’« objets bouleversants ». Cette notion capitale de la pensée, de l’écriture et de l’action de Paul Nougé se trouva également au cœur de l’eshétique de Magritte devenu surréaliste.
Il s’appuie sur des textes théoriques de Nougé, mais aussi sur de nombreux textes de Magritte et sur la riche correspondance qu’ils ont entretenue afin de surprendre la façon dont les objets – les plus banals le plus souvent – sont censés provoquer une sensation chez le spectateur et bousculer ainsi ses habitudes.
Il s’attarde par conséquent sur plusieurs créations de Magritte, mais analyse également, dans cette perspective, quelques-uns des textes poétiques de Paul Nougé.
L’ouvrage s’attache enfin à la question de l’efficacité de cette entreprise, et de sa pertinence à long terme.
De subtils et inattendus décalages avec les discours antérieurs à leurs avancées s’y opèrent, et qu’ils intègrent pour les mieux retourner.
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Problèmes à résoudre : tableaux des années 1930 ; autres tableaux

Le problème de la porte

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Dans une lettre envoyée à Bosmans (le 23 juillet 1958), Magritte écrit :

Mon « problème » actuel consiste à me demander comment montrer une chaise (comme sujet) dans un tableau […]. Il s’agit de répondre à ma question en découvrant la chose, l’objet – destiné entre tous – pour être réuni à une chaise. (Pour la cage, c’est un œuf, pour un parapluie, c’est un verre d’eau, pour une porte, c’est une ouverture par laquelle on peut passer, etc.)1

Ce petit texte appelle peut-être dans l’esprit du lecteur le célèbre tableau magrittien Les Vacances de Hegel (1958), illustration étonnante de deux objets apparemment opposés dont la réunion apporte une solution heureuse pas seulement au problème de l’eau qui travaillait alors l’esprit du peintre, mais qui représente aussi une démonstration picturale réussie de l’unité des contraires. Jacques Meuris, qui s’est penché en profondeur sur l’œuvre de Magritte, cite d’ailleurs une lettre que le peintre envoie à Maurice Rapin (22 mai 1958), où il explique lui-même la genèse de ce tableau :

Comment peindre un tableau dont le verre d’eau est le sujet ? J’ai dessiné plusieurs verres d’eau [croquis], etc. Une ligne [croquis] se trouvait toujours dans ces dessins. Ensuite cette ligne s’est écrasée et a pris la forme d’un parapluie. [croquis]. Puis ce parapluie a été mis dans le verre [croquis] et pour finir le parapluie s’est ouvert et a été placé en dessous du...

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