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Nougé et Magritte

Les Objets bouleversants

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Valentina Bianchi

Le présent ouvrage se propose d’analyser la démarche des surréalistes bruxellois Paul Nougé et René Magritte, qui consiste en la création d’« objets bouleversants ». Cette notion capitale de la pensée, de l’écriture et de l’action de Paul Nougé se trouva également au cœur de l’eshétique de Magritte devenu surréaliste.
Il s’appuie sur des textes théoriques de Nougé, mais aussi sur de nombreux textes de Magritte et sur la riche correspondance qu’ils ont entretenue afin de surprendre la façon dont les objets – les plus banals le plus souvent – sont censés provoquer une sensation chez le spectateur et bousculer ainsi ses habitudes.
Il s’attarde par conséquent sur plusieurs créations de Magritte, mais analyse également, dans cette perspective, quelques-uns des textes poétiques de Paul Nougé.
L’ouvrage s’attache enfin à la question de l’efficacité de cette entreprise, et de sa pertinence à long terme.
De subtils et inattendus décalages avec les discours antérieurs à leurs avancées s’y opèrent, et qu’ils intègrent pour les mieux retourner.
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Conclusions

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On a donc à faire avec une démarche subversive des artistes belges, qui s’inscrit dans les coordonnées générales de l’activité artistique des surréalistes, si l’on se rapporte à la préface du premier numéro de La Révolution surréaliste de 1924 qui prônait que « Toute découverte changeant la nature, la destination d’un objet ou d’un phénomène constitue un fait surréaliste ». À part l’évidence même que constitue l’arsenal des objets que Magritte et à son tour Nougé ont conçus et offerts à la postérité, de nombreux autres textes des deux artistes s’en réfèrent également, auxquels s’ajoute une riche correspondance, tant entre les membres de l’aventure belge, qu’entre ceux-ci et leurs amis français. Si l’idée n’est pas neuve (« Beau comme la rencontre fortuite sur une table des dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie », disait Lautréamont), ce sont des artistes tels que Duchamp ou De Chirico qui la mettront en pratique à des fins qui ne seront plus esthétiques ; ce n’est aussi pas par hasard que Magritte les cite, les deux, à plusieurs reprises : Marcel Duchamp, « très important en tant que surréaliste français », car « il a montré que des objets très banaux pouvaient acquérir un charme précieux, grâce à de très légères modifications »1, et De Chirico et la poésie « triomphante » de ses toiles, qui rompt avec les habitudes mentales et remplace ainsi l’effet « st...

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