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Amours, danses et chansons

Le mélodrame de cabaret au Mexique et à Cuba (années 1940–1950)

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Julie Amiot-Guillouet

Cet ouvrage propose une analyse originale sur les relations cinématographiques entre Cuba et le Mexique à la période classique, à travers la construction de l’imaginaire particulier du mélodrame de cabaret, peuplé de danseuses de rumba au sang chaud et au cœur tendre. Les films dont elles sont les héroïnes sulfureuses s’enracinent dans les traditions génériques de l’industrie du cinéma mexicain, retravaillées par l’apport cubain à travers la musique, la danse, les paysages et les cabarets. Ils façonnent des personnages féminins originaux, introduisant des représentations inédites de danseuses et de femmes fatales qui luttent pour leur autonomie, et jouissent d’une grande liberté dans leur rapport avec leur corps. Cette coopération cinématographique s’explique par la volonté des producteurs, distributeurs et metteurs en scène mexicains de s’imposer sur les écrans cubains, tandis que les Cubains espèrent bénéficier de leur savoir-faire technique et artistique pour jeter les bases d’un cinéma national encore embryonnaire. Toutefois, l’atmosphère « tropicale » mise en œuvre dans les films s’avère un trompe-l’œil commercial lié au regard mexicain qui exotise Cuba. Un postulat dénoncé par les critiques et cinéastes cubains, en particulier au lendemain de la Révolution qui souhaite rompre radicalement avec ce cinéma commercial. La réception et l’historiographie de ces films en font ainsi de puissants révélateurs des imaginaires nationaux qu’ils contribuent à façonner et à véhiculer.
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Chapitre 3: L’imaginaire mélodramatique : Cuba fantasmée

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CHAPITRE 3

L’imaginaire mélodramatique : Cuba fantasmée

Afin de mesurer concrètement l’apport cubain aux films, il convient d’observer la façon dont Cuba y est représentée. Le mélodrame de cabaret y occupe une place de choix : pour la période prise en compte, on dénombre 28 coproductions, 15 d’entre elles se passant au moins en partie dans les milieux du cabaret, ce qui représente une tendance majoritaire de ce type de productions. La présence cubaine s’y manifeste de deux façons : par la musique, souvent interprétée par des formations musicales cubaines, et par les actrices principales des films, les fameuses rumberas. Les réalisations auxquelles la coopération cinématographique entre le Mexique et Cuba a donné lieu sont intéressantes : on peut parler de tradition revitalisée grâce à l’influence cubaine dans la mesure où le passage par Cuba exacerbe certains traits du mélodrame mexicain.

L’imaginaire cubain au filtre du mélodrame

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