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Amours, danses et chansons

Le mélodrame de cabaret au Mexique et à Cuba (années 1940–1950)

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Julie Amiot-Guillouet

Cet ouvrage propose une analyse originale sur les relations cinématographiques entre Cuba et le Mexique à la période classique, à travers la construction de l’imaginaire particulier du mélodrame de cabaret, peuplé de danseuses de rumba au sang chaud et au cœur tendre. Les films dont elles sont les héroïnes sulfureuses s’enracinent dans les traditions génériques de l’industrie du cinéma mexicain, retravaillées par l’apport cubain à travers la musique, la danse, les paysages et les cabarets. Ils façonnent des personnages féminins originaux, introduisant des représentations inédites de danseuses et de femmes fatales qui luttent pour leur autonomie, et jouissent d’une grande liberté dans leur rapport avec leur corps. Cette coopération cinématographique s’explique par la volonté des producteurs, distributeurs et metteurs en scène mexicains de s’imposer sur les écrans cubains, tandis que les Cubains espèrent bénéficier de leur savoir-faire technique et artistique pour jeter les bases d’un cinéma national encore embryonnaire. Toutefois, l’atmosphère « tropicale » mise en œuvre dans les films s’avère un trompe-l’œil commercial lié au regard mexicain qui exotise Cuba. Un postulat dénoncé par les critiques et cinéastes cubains, en particulier au lendemain de la Révolution qui souhaite rompre radicalement avec ce cinéma commercial. La réception et l’historiographie de ces films en font ainsi de puissants révélateurs des imaginaires nationaux qu’ils contribuent à façonner et à véhiculer.
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Remerciements

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Ce livre est le résultat d’un travail de thèse dont l’objet relativement peu académique à l’époque a été soutenu sans réserve par Jean-Claude Seguin, Marie-Linda Ortega et Carmen Val Julián. Qu’ils soient ici vivement remerciés de m’avoir encouragée à explorer un champ qui n’avait rien d’évident dans le paysage universitaire d’alors.

Cette recherche a également bénéficié de l’aide infiniment généreuse et déterminante de Paulo Antonio Paranaguá, qui m’a ouvert bien des portes, tant à Cuba qu’au Mexique. Celles en particulier de Luciano Castillo, alors directeur de la médiathèque de l’École internationale de Cinéma et de TéléVision (EICTV) de San Antonio de los Baños, qui m’a permis un accès total aux fonds de cette institution. Celles également de Juan Antonio García Borrero, qui m’a communiqué sa passion pour l’étude du cinéma cubain ainsi que sa diffusion sur le terrain lors d’une expérience inoubliable au Festival de cinéma de Camagüey. Celles enfin d’Eduardo de la Vega Alfaro, alors directeur du Centro de Investigación y Estudios Cinematográficos (CIEC) de l’université de Guadalajara : son accueil, ainsi que celui de Rosario Vidal Bonifaz, ont été sans limites, tant sur le plan intellectuel qu’amical.

Les séjours que j’ai effectués à Cuba et au Mexique ont été l’occasion d’échanger avec Ivan Trujillo Bolio à la cinémathèque de Mexico qui m’a grandement...

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