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La désobéissance épistémique

Rhétorique de la modernité, logique de la colonialité et grammaire de la décolonialité

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Edited By Walter Mignolo

Pour penser au-delà des frontières épistémiques et territoriales établies par la colonisation des XV e et XVI e siècles, il est nécessaire d’identifier les formes d’acteurs et d’institutions dévalorisées par ces frontières.
Il est alors possible de mieux se détacher de ce dispositif conceptuel en optant pour un revirement épistémique qui consiste à privilégier, sur les traces de Fanon notamment, la socio-genèse d’un « être qui existe là où il pense » dans un environnement « pluri-versel ».
Un tel écart procède d’un acte d’émancipation qui ose transgresser la référence à l’universalisme abstrait hérité des Modernes pour dominer le monde. C’est un acte de « désobéissance épistémique ».
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CHAPITRE III. La colonialité : le côté le plus obscur de la modernité

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CHAPITRE III

La colonialité : le côté le plus obscur de la modernité

Dans le chapitre précédent, j’ai exposé les variations des concepts de détachement et de matrice coloniale du pouvoir, comme étant le point de départ de la pensée décoloniale. À présent, je vais m’aventurer sur les chemins de la colonialité, c’est-à-dire au cœur de la matrice du pouvoir.

1. Qu’est-ce la colonialité ?

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