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La cause du sujet

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Marc Maesschalck

Cet ouvrage pose une question et tente d’y répondre en deux mouvements. La question : les réflexions actuelles sur la démocratie participative n’ont-elles pas escamoté une crise du sujet qui se marque en particulier par un postulat de faiblesse des sujets justifiant le rôle compensatoire attribués à des dispositifs institutionnels et normatifs de plus en plus invasifs ?
Réponse en deux mouvements : le premier vise un retour critique aux hypothèses des années 1970 sur l’enlisement de la subjectivité et sur la nécessité de mener une politique du « subjectif sans sujet ». Le deuxième mouvement s’adresse au renouveau contemporain des théories participatives. Ce dernier cherche à mobiliser des identités désirantes dans des processus de résolution de problème, tout en maintenant l’hypothèque posée sur la puissance des sujets dans l’ordre de l’action collective.
La thèse défendue est que cette hypothèque doit être levée parce qu’elle dénie le rôle attendu des sujets dans la transformation du social, tout en occultant la question de la limitation de leur puissance.
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Introduction. Sur la crise du sujet

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Le temps n’est plus aux déclarations fracassantes sur la mort du sujet et aux leçons convenues sur le vide primordial d’une identité énonciative se maintenant constamment dans l’entre-deux du déjà dit et du pas encore dit. Avant Le Complément de sujet de Descombes et le Ticklish Subject de Žižek, Badiou avait déjà averti des risques que comportait un désengagement à l’égard du concept de sujet1. Le sociologue Alain Touraine avait lui aussi concentré ses efforts sur ce concept avec le souci de sauvegarder le Moi acteur du désir d’énonciation, le véritable sujet selon lui, à la différence de tout ce qui arrête cet acteur dans des rôles et des significations prédéterminés, comme le sujet d’un énoncé. C’est en relisant La critique de la modernité de Touraine que l’on peut déceler peut-être pour la première fois dans l’espace postmoderne la naissance d’une « cause du sujet »2. Il y aurait des « vertus » de ce concept que sa suspension ou son abandon mette en péril : « Retour au sujet »3, écrit Touraine, un sujet qui ne s’exprime pas comme une donnée représentationnelle, mais comme une puissance, l’expression d’un désir de soi-même « qui implique à la fois une rupture avec les rôles et un effort constant de reconstruction d’un monde qui soit organisé autour d’un vide central où puisse s’exercer la liberté de tous »4. La référence au vide demeure...

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