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La cause du sujet

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Marc Maesschalck

Cet ouvrage pose une question et tente d’y répondre en deux mouvements. La question : les réflexions actuelles sur la démocratie participative n’ont-elles pas escamoté une crise du sujet qui se marque en particulier par un postulat de faiblesse des sujets justifiant le rôle compensatoire attribués à des dispositifs institutionnels et normatifs de plus en plus invasifs ?
Réponse en deux mouvements : le premier vise un retour critique aux hypothèses des années 1970 sur l’enlisement de la subjectivité et sur la nécessité de mener une politique du « subjectif sans sujet ». Le deuxième mouvement s’adresse au renouveau contemporain des théories participatives. Ce dernier cherche à mobiliser des identités désirantes dans des processus de résolution de problème, tout en maintenant l’hypothèque posée sur la puissance des sujets dans l’ordre de l’action collective.
La thèse défendue est que cette hypothèque doit être levée parce qu’elle dénie le rôle attendu des sujets dans la transformation du social, tout en occultant la question de la limitation de leur puissance.
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Chapitre 1. Subjectivation et transformation sociale. À propos de la crise du freudo-marxisme avec Karl Lévêque, Étienne Balibar et Louis Althusser

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La question de ce que nous avons nommé un « sujet faible » du politique nous semble être au cœur de la crise qu’a connue le freudo-marxisme à la fin des années 1970. Pour le préciser définitivement, quand nous parlons « du » politique et pas « de la » politique dans ce cas, c’est au sens où l’entend Claude Lefort, à savoir par attention aux principes générateurs dirigeant la mise en forme de la société comme ordre autoréférentiel1.

Ainsi, le sujet faible est devenu une partie du processus instituant de notre intelligence sociale de l’ordre politique, un schème directeur qui s’exprime aussi par la référence à une forme vide du pouvoir, sans nom déterminé parce que partiellement issu de chacun, sans être à personne. Qu’importe si cette situation permet de stabiliser la forme supérieure d’une puissance publique légitime ! Mais comment décrire le rapport de résistance à cette totalité instituée si elle ne tient à rien d’autre qu’aux procédures qui la légitiment, puis la suspendent pour la changer ? Le révolutionnaire n’a-t-il plus d’autre choix que la fuite en avant devant un social troué, vidé de tout centre substantiel, consensuel et provisoire, en constante révision ?

Notons aussi que cette crise du rôle du sujet, du moins dans ces termes, n’est plus directement au centre des préoccupations des intellectuels, notamment ceux qui tentent de relancer l’intérêt pour l’approche marxiste des contradictions sociales et pour...

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