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La cause du sujet

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Marc Maesschalck

Cet ouvrage pose une question et tente d’y répondre en deux mouvements. La question : les réflexions actuelles sur la démocratie participative n’ont-elles pas escamoté une crise du sujet qui se marque en particulier par un postulat de faiblesse des sujets justifiant le rôle compensatoire attribués à des dispositifs institutionnels et normatifs de plus en plus invasifs ?
Réponse en deux mouvements : le premier vise un retour critique aux hypothèses des années 1970 sur l’enlisement de la subjectivité et sur la nécessité de mener une politique du « subjectif sans sujet ». Le deuxième mouvement s’adresse au renouveau contemporain des théories participatives. Ce dernier cherche à mobiliser des identités désirantes dans des processus de résolution de problème, tout en maintenant l’hypothèque posée sur la puissance des sujets dans l’ordre de l’action collective.
La thèse défendue est que cette hypothèque doit être levée parce qu’elle dénie le rôle attendu des sujets dans la transformation du social, tout en occultant la question de la limitation de leur puissance.
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Chapitre 2. Trauma et subjectivation sociale. Penser à partir de la communauté des victimes avec Enrique Dussel

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Comme philosophe occidental, je trouve le dialogue avec la pensée d’Enrique Dussel absolument incontournable parce qu’elle s’est élaborée entièrement à partir d’une mise en question du mode de relationalité présupposé par la position du penseur éthique eu égard au trauma de la souffrance humaine. La question est donc épistémologique avant d’être pratique et politique. Elle relève de la nature d’un geste ou d’une posture qui met en question l’incomplétude d’un désir de savoir autant que le projet de s’engager à l’égard d’un Réel traumatique. À la lecture de Dussel, on s’aperçoit que toute tentative intellectuelle pour se mettre en relation avec le trouble social vécu par des victimes – même en vue de critiquer ce dernier et d’éventuellement le déconstruire comme représentation –, une telle tentative pose préalablement la question du trouble du trouble, c’est-à-dire de la manière dont le trouble affecte (et enseigne) l’intellectuel lui-même, le choque et l’engage à se limiter face à ce trouble dont il tente de susciter l’analyse (et ceci, justement, du sein même du trouble lui-même !). C’est ainsi un équilibre entre empathie et dissociation qui se cherche pour rendre raison d’une différence au sens fort entre les situations. Et au bout du compte, le chemin au sein du trouble ne se trouvera que par l’élucidation d’une relation d’affect (ou de transitivité) à un trouble se limitant au-delà de l’idée d’un « sujet faible » et d’une intelligence ext...

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