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La cause du sujet

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Marc Maesschalck

Cet ouvrage pose une question et tente d’y répondre en deux mouvements. La question : les réflexions actuelles sur la démocratie participative n’ont-elles pas escamoté une crise du sujet qui se marque en particulier par un postulat de faiblesse des sujets justifiant le rôle compensatoire attribués à des dispositifs institutionnels et normatifs de plus en plus invasifs ?
Réponse en deux mouvements : le premier vise un retour critique aux hypothèses des années 1970 sur l’enlisement de la subjectivité et sur la nécessité de mener une politique du « subjectif sans sujet ». Le deuxième mouvement s’adresse au renouveau contemporain des théories participatives. Ce dernier cherche à mobiliser des identités désirantes dans des processus de résolution de problème, tout en maintenant l’hypothèque posée sur la puissance des sujets dans l’ordre de l’action collective.
La thèse défendue est que cette hypothèque doit être levée parce qu’elle dénie le rôle attendu des sujets dans la transformation du social, tout en occultant la question de la limitation de leur puissance.
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Chapitre 6. Le pragmatisme relationnel de Stephen Mitchell. Une théorie « from within » de la participation

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La question du basculement de l’identité subjective dans le processus de l’interaction pragmatique a été finement analysée et mise en œuvre par le psychanalyste Stephen A. Mitchell que nous avons déjà mobilisé pour élaborer notre concept de « relationalité » et d’intervention sur le « mode de relationalité » au premier chapitre.

L’intérêt de Mitchell est d’avoir critiqué le processus de la cure analytique et, en particulier ce qu’il nomme le « déni de l’interaction »1, en recourant au modèle pragmatique d’un processus participatif où des sujets sont engagés en vue de la transformation d’un blocage. Ce que tente de cerner Mitchell c’est précisément le moment de changement ou de discontinuité subjective qui intervient dans la cure, à la faveur de la relation et de l’engagement participatif et qui permet un nouveau mode d’ajustement du sujet à son désir. De nouveau, Mitchell privilégie une approche du processus à partir du « dedans » de la participation. Reparcourir son analyse nous permettra de mieux cerner le point aveugle identifié dans l’approche pragmatiste en accroissant son intensité.

Stephen A. Mitchell (1946-2000) est un psychanalyste et clinicien américain connu pour sa théorie relationnelle de l’intervention psychanalytique. Selon cette perspective, l’unité de base à partir de laquelle devrait se réfléchir l’intervention en psychanalyse ne peut être fournie que par une théorie sociale de l’esprit. Toutes les motivations de ce dernier s’explicitent d’abord fondamentalement par l’attachement au maintien d’une matrice relationnelle avec le monde environnant. Comme...

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