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La cause du sujet

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Marc Maesschalck

Cet ouvrage pose une question et tente d’y répondre en deux mouvements. La question : les réflexions actuelles sur la démocratie participative n’ont-elles pas escamoté une crise du sujet qui se marque en particulier par un postulat de faiblesse des sujets justifiant le rôle compensatoire attribués à des dispositifs institutionnels et normatifs de plus en plus invasifs ?
Réponse en deux mouvements : le premier vise un retour critique aux hypothèses des années 1970 sur l’enlisement de la subjectivité et sur la nécessité de mener une politique du « subjectif sans sujet ». Le deuxième mouvement s’adresse au renouveau contemporain des théories participatives. Ce dernier cherche à mobiliser des identités désirantes dans des processus de résolution de problème, tout en maintenant l’hypothèque posée sur la puissance des sujets dans l’ordre de l’action collective.
La thèse défendue est que cette hypothèque doit être levée parce qu’elle dénie le rôle attendu des sujets dans la transformation du social, tout en occultant la question de la limitation de leur puissance.
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Chapitre 7. Savoir d’action et transformation du sujet. Les limites de la réflexivité dans l’intervention éthique « from without »

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Ce chapitre voudrait prendre le contre-pied du précédent et interroger la limite du néopragmatisme non par la radicalisation d’un point de vue du « dedans » de la participation, mais par la critique d’une approche plus dirigiste de la médiation dans les processus d’intervention éthique. Dans ce cas, en effet, l’engagement de l’intervenant diffère du schéma proposé par un thérapeute comme Stephen Mitchell soucieux de laisser le champ libre au processus de l’autoguérison en laissant le patient s’autoriser par lui-même du rôle de passeur. L’intervenant éthique est lié à un cadre institutionnel qui lui assigne une fonction d’extériorité, voire de tiers neutre ou évaluateur. Ce rôle s’inscrit dès lors dans la prévalence d’un pouvoir méthodologique qui garde en réserve un savoir générique de sa pratique et propose, par le biais d’une interaction spécifique, une co-élaboration de compétences destinées à accroître les capacités réflexives des sujets. On est donc ici dans une approche de la réflexivité que nous dirons cette fois « à partir de l’extérieur » ou « from without ».

Il est certain d’ailleurs que la notion de réflexivité a joué un rôle clé dans la théorisation des processus d’intervention éthique tant pour éclairer la finalité de ces processus (former des « praticiens réflexifs ») que pour déterminer la spécificité des ressources cognitives à mobiliser pour réaliser cette finalité. De plus, le renouveau des hypoth...

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