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La cause du sujet

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Marc Maesschalck

Cet ouvrage pose une question et tente d’y répondre en deux mouvements. La question : les réflexions actuelles sur la démocratie participative n’ont-elles pas escamoté une crise du sujet qui se marque en particulier par un postulat de faiblesse des sujets justifiant le rôle compensatoire attribués à des dispositifs institutionnels et normatifs de plus en plus invasifs ?
Réponse en deux mouvements : le premier vise un retour critique aux hypothèses des années 1970 sur l’enlisement de la subjectivité et sur la nécessité de mener une politique du « subjectif sans sujet ». Le deuxième mouvement s’adresse au renouveau contemporain des théories participatives. Ce dernier cherche à mobiliser des identités désirantes dans des processus de résolution de problème, tout en maintenant l’hypothèque posée sur la puissance des sujets dans l’ordre de l’action collective.
La thèse défendue est que cette hypothèque doit être levée parce qu’elle dénie le rôle attendu des sujets dans la transformation du social, tout en occultant la question de la limitation de leur puissance.
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Conclusion

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Nous sommes partis d’un constat sur l’oblitération de la crise du sujet dans la raison philosophique des années 1970 par une crise plus ample et d’apparence plus radicale, à savoir celle du sujet social et démocratique de l’État providence. Nous avons ensuite tenté de prendre à rebours ce processus d’effacement. Cette tâche impliquait un retour aux débats des années 1970 dans la mesure où une spécificité de la crise de l’Etat providence fut aussi une manière d’imposer une dissociation séparant, d’un côté, la prise en charge des identités singulières à travers des éthiques reconstructives et, d’un autre côté, le processus biopolitique de contrôle des masses d’individus par les sciences sociales. L’intérêt du retour aux années 1970 résidait surtout dans les processus de refoulement et d’aliénation qui furent alors diagnostiqués, mais aussitôt délaissés au profit d’une symptomatologie différente. Finis les idéologies, l’inconscient, les masses, la pulsion de mort du système de contrôle, la schizophrénie du système productiviste ! Même le malaise des intellectuels à se distinguer du pouvoir et à n’être que l’intelligence pratique d’un ensemble de solutions idéalisées a disparu. L’impératif était désormais s’occuper de compétences, de dispositifs intelligents, de collectifs autorégulés pour saisir, dans les opportunités de l’intelligence biopolitique, le sens nouveau de l’accomplissement de soi comme humain.

Il aura fallu un retour...

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