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Malaise dans la ville

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Edited By Sylvie Freyermuth and Jean-François Bonnot

Malaise dans la ville s’inscrit dans la continuité de Ville infectée, ville déshumanisée, paru dans cette même collection. Tout en poursuivant l’entreprise pluridisciplinaire du premier ouvrage, le champ de réflexion a été élargi, de même que la période de référence. Le programme de recherche « Reconstructions littéraires françaises et francophones des espaces sociopolitiques, historiques et scientifiques » a donc réuni des écrivains, des philosophes, des sociologues et historiens, des urbanistes, des spécialistes de sciences cognitives et, bien entendu, de critique littéraire, s’intéressant au « mal de vivre » en milieu urbain. Le livre est organisé selon quatre axes : la première partie est consacrée à des regards croisés sur la pérennité du sentiment de malaise ; la seconde rend compte du malaise urbain au carrefour de la littérature, de l’urbanisme et de la sociologie ; la troisième aborde la question des interactions conflictuelles entre langue(s), géographie, genre, économie et religion. Enfin, la quatrième section, empruntant les chemins de la critique et de la création littéraires, s’attache à mettre en lumière le malaise citadin à travers l’art.
Ces études, conduites à travers les lieux et les époques – du Moyen Âge à la période la plus contemporaine –, apportent un éclairage original sur l’imaginaire urbain « dépressif » ou « mélancolique », et sur les modalités des redéfinitions identitaires, parfois drastiques, auxquelles sont soumis les individus. Elles montrent en outre que ces phénomènes ne sont en rien l’apanage d’une supposée postmodernité.
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La ville noire est une fête

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Dominique MANOTTI

Auteure de romans noirs

« Malaise dans la ville » est le thème central de cet ouvrage, l’avant-propos parle de « mélancolie », « tristesse », « taedium vitae ». Je ne suis pas une « littéraire », au sens où je n’ai jamais fait d’études littéraires. Ma formation est celle d’une historienne, et ma façon d’aborder le sujet de cette réflexion s’en ressent très fortement. Il me semble très difficile de définir la ville comme « mélancolique ». Telle que je la vois, la ville, les villes, mais aussi ma ville, Paris, sont des millefeuilles, une superposition de couches, de milieux qui ont des modes de fonctionnement, des règles de vie propres, qui s’ignorent ou s’entrecroisent et s’influencent selon des lignes de force passionnantes à étudier, mais jamais réductibles à des caractéristiques simples, uniformes. Et c’est cette ville grouillante, multiple, en un sens irréductible, qui a donné naissance au roman noir.

Le roman noir n’est pas le roman policier (je précise tout de suite que je suis très méfiante à l’égard de la notion de genre, je préfère parler d’angle de vue, de regard, mais ce n’est pas l’objet de cet ouvrage). Ces deux formes romanesques ont en commun un point fort : toutes deux font le choix du crime comme outil d’analyse, comme scalpel utilisé pour désosser, mettre à nu les individus et les groupes sociaux. Toutes deux font le pari que la...

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