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Malaise dans la ville

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Sylvie Freyermuth and Jean-François Bonnot

Malaise dans la ville s’inscrit dans la continuité de Ville infectée, ville déshumanisée, paru dans cette même collection. Tout en poursuivant l’entreprise pluridisciplinaire du premier ouvrage, le champ de réflexion a été élargi, de même que la période de référence. Le programme de recherche « Reconstructions littéraires françaises et francophones des espaces sociopolitiques, historiques et scientifiques » a donc réuni des écrivains, des philosophes, des sociologues et historiens, des urbanistes, des spécialistes de sciences cognitives et, bien entendu, de critique littéraire, s’intéressant au « mal de vivre » en milieu urbain. Le livre est organisé selon quatre axes : la première partie est consacrée à des regards croisés sur la pérennité du sentiment de malaise ; la seconde rend compte du malaise urbain au carrefour de la littérature, de l’urbanisme et de la sociologie ; la troisième aborde la question des interactions conflictuelles entre langue(s), géographie, genre, économie et religion. Enfin, la quatrième section, empruntant les chemins de la critique et de la création littéraires, s’attache à mettre en lumière le malaise citadin à travers l’art.
Ces études, conduites à travers les lieux et les époques – du Moyen Âge à la période la plus contemporaine –, apportent un éclairage original sur l’imaginaire urbain « dépressif » ou « mélancolique », et sur les modalités des redéfinitions identitaires, parfois drastiques, auxquelles sont soumis les individus. Elles montrent en outre que ces phénomènes ne sont en rien l’apanage d’une supposée postmodernité.
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Michel Houellebecq ou la nouvelle configuration de la « carte » et du « territoire »

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Yvonne GOGA

Université Babeş-Bolyai de Cluj-Napoca

Roman d’une complexité extraordinaire, La carte et le territoire de Michel Houellebecq se présente comme une radiographie du mal du début du XXIe siècle, réalisée de la perspective du marché de l’art. Deux artistes, un peintre, Jed Martin, et un écrivain, Houellebecq personnage de son livre1, sont les porteurs du message de l’écrivain. Les deux artistes sont liés par l’échange entre les produits de leur art : l’écrivain écrit le catalogue de l’exposition du peintre et celui-ci peint le portrait de l’écrivain. Entre eux s’établit une vraie communication alors que chacun d’eux vit à sa façon sa solitude dans le monde2, symboliquement exprimée par Houellebecq personnage : « C’est la seule chose que j’ai vraiment dans ma vie : des murs » (p. 146)3. Cette expression synthétique de la pensée houellebecquienne constitue le point de départ de ma recherche.

Le point de vue de l’écrivain, concernant la relation du moi avec le monde, est révélé par le choix du texte qu’il met en exergue, un extrait de Charles d’Orléans, qui exprime l’idée de lassitude de vivre, tout en signalant le double sens du sentiment d’étrangeté : « Le monde est ennuyé de ← 239 | 240 → moy, / Et moy pareillement de luy. » Ce double divorce met en évidence l’idée de vie suspendue dans le vide, sans lendemain. Le recours à ce...

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