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La portée pratique de la phénoménologie

Normativité, critique sociale et psychopathologie

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Edited By Délia Popa, Benoît Kanabus and Fabio Bruschi

Cet ouvrage cible la pratique qui est solidaire de la fondation de la connaissance réalisée par la phénoménologie, en voyant dans cette pratique la condition même de la formulation positive de son projet. Dans cette perspective, la critique sociale et la psychopathologie sont notamment les deux champs pratiques où la phénoménologie se trouve investie, par-delà son premier élan de critique théorique, pour intervenir sur les formes de normativité qui y sont à l’œuvre. En abordant ces champs à travers les différentes contributions qui le composent, l’ouvrage ambitionne d’analyser la portée pratique de la phénoménologie et de tester sa capacité à générer une attention au pouvoir émancipateur ou aliénant des organisations sociales. L’hypothèse de fond, collectivement partagée, est que la phénoménologie peut apporter une contribution à la construction d’une nouvelle posture critique à même de participer à l’émancipation des individus en situation de souffrance et d’injustice.
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Monde de la vie quotidienne et normativité (Ion Copoeru)

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Ion COPOERU

Université Babes-Bolyai de Cluj-Napoca

À première vue, le monde de la vie quotidienne et la normativité appartiennent à des registres hétérogènes de l’analyse philosophique. Tandis que la normativité est traditionnellement associée à un niveau ontologique où une source ou un trait particulier d’un ensemble cohérent et bien défini d’objets – qu’on convient d’appeler « monde » – est identifiable, la vie quotidienne s’éparpille dans une pluralité changeante de contextes objectifs ou de formations symboliques qu’on a du mal à réunir sous une seule dénomination tranchante. Le monde de la vie quotidienne n’en est certainement pas un ; il n’est ni unique, ni unitaire ; il y a toujours des mondes particuliers dans lesquels nous nous retrouvons toujours déjà immergés. Nous ne sommes jamais des philosophes dès le début ; nous sommes toujours intégrés dans un réseau de besoins et de préoccupations quotidiens et dans un échange continuel avec notre milieu, absorbés dans des attitudes subjectives particulières (épistémiques, évaluatrices, praxiques). Dans la vie de tous les jours, nous y sommes impliqués totalement et immédiatement, nous sommes là, présents avec notre être tout entier, avec notre corps physiologique, ainsi qu’avec notre âme et notre esprit, même si par moments nous n’y sommes que des spectateurs indifférents.

Le monde de la vie quotidienne – si l’on concède qu’il y en a un – est certes un monde à contours imprécis. Pourtant,...

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