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La portée pratique de la phénoménologie

Normativité, critique sociale et psychopathologie

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Edited By Délia Popa, Benoît Kanabus and Fabio Bruschi

Cet ouvrage cible la pratique qui est solidaire de la fondation de la connaissance réalisée par la phénoménologie, en voyant dans cette pratique la condition même de la formulation positive de son projet. Dans cette perspective, la critique sociale et la psychopathologie sont notamment les deux champs pratiques où la phénoménologie se trouve investie, par-delà son premier élan de critique théorique, pour intervenir sur les formes de normativité qui y sont à l’œuvre. En abordant ces champs à travers les différentes contributions qui le composent, l’ouvrage ambitionne d’analyser la portée pratique de la phénoménologie et de tester sa capacité à générer une attention au pouvoir émancipateur ou aliénant des organisations sociales. L’hypothèse de fond, collectivement partagée, est que la phénoménologie peut apporter une contribution à la construction d’une nouvelle posture critique à même de participer à l’émancipation des individus en situation de souffrance et d’injustice.
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Racisme. Esquisse d’une phénoménologie de la désocialisation charnelle (Michael Staudigl)

← 184 | 185 → Racisme

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Michael STAUDIGL

Université de Vienne

Nous ferions mieux de faire courageusement face au fait que les préjugés sont eux-mêmes des éléments de l’interprétation du monde social, qu’ils en constituent même le ressort. Les préjugés sont des rationalisations et des institutionnalisations du « mythe central » sous-jacent sur lequel est basée l’auto-interprétation du groupe. Il n’y pas de sens à dire au bouffeur de nègres du sud qu’il n’existe pas de race noire au sens biologique du terme2.

Cette proposition de Schütz, extraite de son essai de 1955 Die Gleichheit und die Sinnstruktur der sozialen Welt, est remarquable, non seulement en raison de son analyse lucide de la négativité d’un type spécifique d’action sociale, mais aussi parce qu’elle identifie cette négativité en tant que force motrice de cette action sociale. En prenant ce constat comme point de départ, je tenterai d’analyser le « racisme » en tant que phénomène d’une « socialité négative », et ce dans la perspective d’une phénoménologie sociale. Une telle entreprise nécessite au moins trois précisions préliminaires. Premièrement, il s’agira de définir ce que j’entends par « socialité négative ». Deuxièmement, il faudra expliquer – tout en prenant en compte les recherches les plus récentes sur ce sujet – ce que je ne voudrais pas entendre par racisme. À la lumière de cette réflexion, la ← 185 | 186 → raison pour laquelle je comprends...

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