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Quatre siècles d’édition musicale

Mélanges offerts à Jean Gribenski

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Edited By Joann Elart, Etienne Jardin and Patrick Taieb

Le présent ouvrage ne prétend pas proposer une histoire de l’édition de musique de 1550 à nos jours. Il consiste en une collection d’études explorant un versant foisonnant de l’histoire de la musique, l’édition musicale, depuis les premiers imprimés et l’insertion de portées dans les périodiques anciens jusqu’à la restitution critique des musiques du passé. Les approches retenues portent sur l’objet lui-même et ses techniques autant que sur des critères purement musicaux ; sur les relations entre l’activité des éditeurs avec le concert et la scène ; ou encore sur les questions de choix de sources et les partis pris de restitution dans le domaine de l’édition musicologique contemporaine.
Il est aussi un recueil de textes conçus en hommage à Jean Gribenski, dont l’enseignement à la Sorbonne, puis à l’Université de Poitiers, a reposé sur une méthode historique accordant au document une attention méticuleuse. Chaque texte s’appuie donc, comme l’enseignement du maître, sur un document dont l’analyse vise à éclairer des pratiques artistiques, sociales, commerciales ou scientifiques. Conçus par des collègues et d’anciens étudiants, il profite des avancées spectaculaires de la recherche dans le domaine de l’histoire de l’édition musicale française au cours des quarante dernières années.
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L’ouverture de Lully et Quinault ou Le Déjeuner impossible de Nicolas Isouard

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Alexandre DRATWICKI

« Quand j’entends des morceaux de ce genre, je ne me crois plus au théâtre ; ce n’est nullement l’ouverture d’un opéra qui frappe mon oreille, mais un concerto1. »

Créé le 27 février 1812 à l’Opéra-Comique, Lully et Quinault de Nicolas Isouard connut un succès prévisible, étant l’œuvre d’un des compositeurs les plus appréciés en France sous le Premier Empire. Isouard dut sa réussite flamboyante à sa capacité d’adaptation aux goûts changeants du public parisien, lequel, au début du XIXe siècle, s’était pris de passion pour la virtuosité instrumentale. Cet engouement allait aboutir quelques décennies plus tard aux triomphes parisiens de Liszt et de Paganini. C’est dans l’ouverture de son opéra-comique qu’Isouard fit la part belle au vedettariat ambiant. La première page de musique – objet du présent commentaire – porte en effet la mention inhabituelle : « ouverture en symphonie concertante ». Une note précise également qu’un arrangement pour flûte, violon et alto solistes est disponible à la vente, ces trois instruments remplaçant les parties concertantes initiales (flûte, hautbois, clarinette, basson et cor). L’œuvre et son corollaire éditorial offrent ainsi un curieux mélange de libertés et de contraintes, d’originalité et de concessions, d’invention et de stratégie. Pour en comprendre les raisons, abordons cette première page sous trois aspects : son style musical (qui en fait sa modernité), son titre (qui interroge les classifications gén...

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