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Quatre siècles d’édition musicale

Mélanges offerts à Jean Gribenski

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Joann Elart, Etienne Jardin and Patrick Taieb

Le présent ouvrage ne prétend pas proposer une histoire de l’édition de musique de 1550 à nos jours. Il consiste en une collection d’études explorant un versant foisonnant de l’histoire de la musique, l’édition musicale, depuis les premiers imprimés et l’insertion de portées dans les périodiques anciens jusqu’à la restitution critique des musiques du passé. Les approches retenues portent sur l’objet lui-même et ses techniques autant que sur des critères purement musicaux ; sur les relations entre l’activité des éditeurs avec le concert et la scène ; ou encore sur les questions de choix de sources et les partis pris de restitution dans le domaine de l’édition musicologique contemporaine.
Il est aussi un recueil de textes conçus en hommage à Jean Gribenski, dont l’enseignement à la Sorbonne, puis à l’Université de Poitiers, a reposé sur une méthode historique accordant au document une attention méticuleuse. Chaque texte s’appuie donc, comme l’enseignement du maître, sur un document dont l’analyse vise à éclairer des pratiques artistiques, sociales, commerciales ou scientifiques. Conçus par des collègues et d’anciens étudiants, il profite des avancées spectaculaires de la recherche dans le domaine de l’histoire de l’édition musicale française au cours des quarante dernières années.
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Traces de la version originale dans les éditions du Prophète de Meyerbeer

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Matthias BRZOSKA

Le grand opéra français ne fut que rarement représenté tel que ses auteurs l’avaient conçu. Au cours des répétitions du Prophète, Meyerbeer dut tant raccourcir son opéra que son secrétaire Johannes Weber parla de « mutilations » :

Deux jours avant la première représentation du Prophète, j’allais également chez lui le soir ; il était assis comme d’habitude derrière son piano. « Ah, mon cher monsieur Weber, me dit-il, quand j’entrai (je traduis ses paroles littéralement, malgré leur tournure germanique), quelle différence, quand un opéra vient de la tête (il leva un doigt vers le front) et quand on le voit sur le théâtre ! » Il réfléchissait évidemment au résultat obtenu, et il n’avait pas lieu d’en être tout à fait satisfait, son Prophète n’étant pas tel qu’il l’avait conçu par suite des mutilations qu’il avait dû faire au cours des répétitions ; il s’agissait principalement du rôle de Jean, trop lourd pour un ténor d’opéra comique comme Roger1.

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