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Quatre siècles d’édition musicale

Mélanges offerts à Jean Gribenski

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Joann Elart, Etienne Jardin and Patrick Taieb

Le présent ouvrage ne prétend pas proposer une histoire de l’édition de musique de 1550 à nos jours. Il consiste en une collection d’études explorant un versant foisonnant de l’histoire de la musique, l’édition musicale, depuis les premiers imprimés et l’insertion de portées dans les périodiques anciens jusqu’à la restitution critique des musiques du passé. Les approches retenues portent sur l’objet lui-même et ses techniques autant que sur des critères purement musicaux ; sur les relations entre l’activité des éditeurs avec le concert et la scène ; ou encore sur les questions de choix de sources et les partis pris de restitution dans le domaine de l’édition musicologique contemporaine.
Il est aussi un recueil de textes conçus en hommage à Jean Gribenski, dont l’enseignement à la Sorbonne, puis à l’Université de Poitiers, a reposé sur une méthode historique accordant au document une attention méticuleuse. Chaque texte s’appuie donc, comme l’enseignement du maître, sur un document dont l’analyse vise à éclairer des pratiques artistiques, sociales, commerciales ou scientifiques. Conçus par des collègues et d’anciens étudiants, il profite des avancées spectaculaires de la recherche dans le domaine de l’histoire de l’édition musicale française au cours des quarante dernières années.
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Les albums de romances dans les concerts caennais de la monarchie de Juillet.

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Les albums de romances dans les concerts caennais de la monarchie de Juillet

Étienne JARDIN

Considérées d’un point de vue esthétique, les romances (pièces pour une voix soliste accompagnée) entreraient dans une phase « décadente1 » à partir de la Restauration. Ce schéma descendant de la qualité de ces compositions correspond néanmoins à celui, ascendant, de leur succès commercial. Sans compter les œuvres paraissant chaque semaine dans différents périodiques (notamment Le Ménestrel à partir de 1833), le commerce des recueils et publications séparées de romances est particulièrement lucratif au cours de la monarchie de Juillet2. Répondant à la demande d’un monde musical amateur en pleine expansion et accompagnant ainsi la pénétration du piano dans les salons bourgeois3, la production intensive de romances peut, à elle seule, fournir des explications objectives à l’infléchissement (subjectif) de la qualité du genre. Un tel phénomène de mode pousse les éditeurs à diminuer les délais de composition et à privilégier la quantité plutôt que la qualité. Pour se démarquer de la concurrence, il semble également qu’auteurs et éditeurs tentent de proposer des sujets et des sonorités qui sont au plus proche des attentes du moment, ce qui donne aux œuvres un caractère de plus en plus éphémère.

Originellement écrites pour alimenter l’activité musicale des salons à la fin du XVIIIe siècle, les romances investissent de nouveaux espaces...

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