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Quatre siècles d’édition musicale

Mélanges offerts à Jean Gribenski

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Edited By Joann Elart, Etienne Jardin and Patrick Taieb

Le présent ouvrage ne prétend pas proposer une histoire de l’édition de musique de 1550 à nos jours. Il consiste en une collection d’études explorant un versant foisonnant de l’histoire de la musique, l’édition musicale, depuis les premiers imprimés et l’insertion de portées dans les périodiques anciens jusqu’à la restitution critique des musiques du passé. Les approches retenues portent sur l’objet lui-même et ses techniques autant que sur des critères purement musicaux ; sur les relations entre l’activité des éditeurs avec le concert et la scène ; ou encore sur les questions de choix de sources et les partis pris de restitution dans le domaine de l’édition musicologique contemporaine.
Il est aussi un recueil de textes conçus en hommage à Jean Gribenski, dont l’enseignement à la Sorbonne, puis à l’Université de Poitiers, a reposé sur une méthode historique accordant au document une attention méticuleuse. Chaque texte s’appuie donc, comme l’enseignement du maître, sur un document dont l’analyse vise à éclairer des pratiques artistiques, sociales, commerciales ou scientifiques. Conçus par des collègues et d’anciens étudiants, il profite des avancées spectaculaires de la recherche dans le domaine de l’histoire de l’édition musicale française au cours des quarante dernières années.
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Éditer Rameau à Paris entre 1840 et 1895

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Jean-Claire VANÇON

Survenu le 12 septembre 1764, le décès de Rameau a tout d’un événement. Cérémonies et éloges funèbres se succèdent pour déplorer la disparition d’un « grand homme1 », théoricien de génie, compositeur révolutionnaire, et héraut de la musique française. Le Mercure rappelle pourtant que « les écarts d’une mode nouvelle ont rendu sa musique plus simple à nos oreilles2 ». Et Palissot constate un an plus tard que la façon de penser de ses contemporains a « varié sur Rameau de la maniere la plus bizarre », faisant du musicien une victime du « torrent des opinions à la mode3 ». L’auteur craint ainsi qu’il faille « bientôt […] que l’on nous rappelle […] les beautés de Castor & de Dardanus4 ». L’Opéra programme pourtant encore régulièrement Rameau après 1764. Mais absent en 1774, il n’est entendu entre 1775 et 1778 que par le biais de Fragments lyriques ; et disparaissant de l’affiche en 1785, il ne la retrouvera qu’en 1908.

C’est à cette éclipse – sa nature, ses conditions et son sens – que nous avons consacré notre travail de thèse, conduit sous la direction rigoureuse et bienveillante du Professeur Jean Gribenski5. Où il apparut que Rameau, pour n’être plus joué sous son nom à l’Opéra de Paris, continue à jouir de certaines actualités dans la capitale française après 1785. Sa musique commence en effet à y être régulièrement rejouée après...

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