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Image et philosophie

Les usages conceptuels de l’image

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Augustin Dumont and Aline Wiame

Cet ouvrage a pour objectif d’interroger en profondeur la manière avec laquelle, historiquement, les philosophes ont « pratiqué l’image dans le concept ». Les auteurs s’interrogent sur le recours à la visualité et à la métaphore dans l’élaboration des schèmes philosophiques à travers l’histoire de la philosophie et les rapports que cette dernière entend tisser avec l’histoire du monde. On tâche de cerner les raisons que les philosophes ont pu avoir de mobiliser ou au contraire de rejeter cet opérateur conceptuel, d’assumer sa performativité ou bien de déplorer son caractère résiduel et résistant à toute systématisation de la rationalité. L’ouvrage cherche ainsi à dégager quelques figures centrales du nouage que les philosophes ne cessent d’opérer au sein du chiasme reliant la construction philosophique de l’image et la constitution de la pensée par l’image. Platon, saint Augustin, Descartes, Spinoza, Kant, Fichte, Schelling, Nietzsche, Bergson, Bachelard, Wittgenstein, Fink, Sartre, Merleau-Ponty, Castoriadis, Simondon et Deleuze sont les auteurs privilégiés dans cet ensemble.
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Chapitre XII: Eugen Fink : d’une phénoménologie de l’image à une cosmologie du jeu

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CHAPITRE XII

Eugen Fink : d’une phénoménologie de l’image à une cosmologie du jeu

Laurent VAN EYNDE

Souvent dans l’ombre de la phénoménologie d’Edmund Husserl, la pensée de Fink n’a sans doute que trop peu reçu d’échos jusqu’à ce jour. Deux raisons à cela, nous semble-t-il. D’une part, les textes les plus techniques de Fink jouent en effet le plus souvent le rôle d’une explicitation des enjeux et objectifs phénoménologiques de la pensée de Husserl, prolongeant, précisant celle-ci, l’enrichissant au mieux. Les déplacements tentés par Fink n’apparaissent dans ce contexte que marginaux et se trouvent fréquemment occultés. D’autre part, les travaux revendiqués comme originaux touchent le plus directement à un concept – le jeu – qui n’a pas fait florès dans les milieux phénoménologiques qui lisent Fink le plus assidûment et paraît ouvrir à un champ méthodologiquement inarticulable aux exigences descriptives d’une phénoménologie comme science rigoureuse promue par des husserliens au nombre desquels figure Fink lui-même.

Est-ce à dire que l’œuvre de Fink pécherait par contradictions, instabilité méthodologique lorsqu’elle s’affranchit par trop de sa fonction commentatrice ? Devrions-nous limiter le rôle de Fink, le contraindre à plus de modestie et fermer pudiquement les yeux sur une œuvre trop aventureuse qu’un regard phénoménologique ne saurait voir ? Nous ne le pensons pas et le propos de cette contribution se justifie tout à l’oppos...

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