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Image et philosophie

Les usages conceptuels de l’image

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Edited By Augustin Dumont and Aline Wiame

Cet ouvrage a pour objectif d’interroger en profondeur la manière avec laquelle, historiquement, les philosophes ont « pratiqué l’image dans le concept ». Les auteurs s’interrogent sur le recours à la visualité et à la métaphore dans l’élaboration des schèmes philosophiques à travers l’histoire de la philosophie et les rapports que cette dernière entend tisser avec l’histoire du monde. On tâche de cerner les raisons que les philosophes ont pu avoir de mobiliser ou au contraire de rejeter cet opérateur conceptuel, d’assumer sa performativité ou bien de déplorer son caractère résiduel et résistant à toute systématisation de la rationalité. L’ouvrage cherche ainsi à dégager quelques figures centrales du nouage que les philosophes ne cessent d’opérer au sein du chiasme reliant la construction philosophique de l’image et la constitution de la pensée par l’image. Platon, saint Augustin, Descartes, Spinoza, Kant, Fichte, Schelling, Nietzsche, Bergson, Bachelard, Wittgenstein, Fink, Sartre, Merleau-Ponty, Castoriadis, Simondon et Deleuze sont les auteurs privilégiés dans cet ensemble.
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Chapitre XIV: « Voir, c’est imaginer. Et imaginer, c’est voir ». Perception et imaginaire chez Merleau-Ponty

1.  L’imaginaire sans chair de Sartre

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CHAPITRE XIV

« Voir, c’est imaginer. Et imaginer, c’est voir »

Perception et imaginaire chez Merleau-Ponty1

Emmanuel de SAINT-AUBERT

Merleau-Ponty accorde à la perception une telle priorité, phénoménologique et ontologique, que ce privilège pourrait le conduire à minimiser l’importance de l’imaginaire dans notre rapport au monde. De fait, dans l’œuvre publiée de son vivant, la question de l’imaginaire ne tient pas une grande place, et son élaboration conceptuelle demeure peu visible. De la même manière, son primat de la perception pourrait orienter fortement sa conception de la vérité dans une forme d’annexion de celle-ci à celle-là : la vérité serait d’abord vérité de la perception, canon de toute vérité. Pourtant, une lecture attentive de l’œuvre de Merleau-Ponty et de ses inédits conduit à un paysage plus subtil, qui vient justement renverser nos oppositions communes entre réel et imaginaire ainsi qu’entre imaginaire et vérité.

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