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Image et philosophie

Les usages conceptuels de l’image

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Edited By Augustin Dumont and Aline Wiame

Cet ouvrage a pour objectif d’interroger en profondeur la manière avec laquelle, historiquement, les philosophes ont « pratiqué l’image dans le concept ». Les auteurs s’interrogent sur le recours à la visualité et à la métaphore dans l’élaboration des schèmes philosophiques à travers l’histoire de la philosophie et les rapports que cette dernière entend tisser avec l’histoire du monde. On tâche de cerner les raisons que les philosophes ont pu avoir de mobiliser ou au contraire de rejeter cet opérateur conceptuel, d’assumer sa performativité ou bien de déplorer son caractère résiduel et résistant à toute systématisation de la rationalité. L’ouvrage cherche ainsi à dégager quelques figures centrales du nouage que les philosophes ne cessent d’opérer au sein du chiasme reliant la construction philosophique de l’image et la constitution de la pensée par l’image. Platon, saint Augustin, Descartes, Spinoza, Kant, Fichte, Schelling, Nietzsche, Bergson, Bachelard, Wittgenstein, Fink, Sartre, Merleau-Ponty, Castoriadis, Simondon et Deleuze sont les auteurs privilégiés dans cet ensemble.
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Chapitre XVII: Le pensable et le visuel selon Deleuze. De la critique de l’image de la pensée à la fabrication de l’image pure

1.  Introduction

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CHAPITRE XVII

Le pensable et le visuel selon Deleuze

De la critique de l’image de la pensée à la fabrication de l’image pure

Aline WIAME

Coupler « le pensable et le visuel », comme annoncé en titre, est un choix pour le moins étrange lorsque l’on se penche sur l’œuvre de Gilles Deleuze. Ce n’est pas vraiment la question du « pensable » qui pose problème en soi : il est bien question de « pensable » chez l’auteur, à condition de ne pas considérer ce pensable comme quelque chose de déjà donné, de déjà prêt, que nous aurions à redécouvrir par une activité réflexive. Le pensable n’est pas déjà là ; il surgit comme un problème violent qu’il nous faut construire. Pour peu que l’on fasse place à cette approche constructiviste de la pensée, et pour peu que l’on accepte qu’elle est bordée par d’autres modes selon lesquels nous sommes saisis par le monde (affects ou percepts, par exemple), ce n’est donc pas le « pensable » qui est ici problématique. Il en va autrement du terme « visuel ». Car quand Deleuze nous parle de l’image, ce n’est jamais sa dimension visuelle qui retient son attention. Nous pouvons même poser l’hypothèse qu’à chaque fois que Deleuze parle d’image, il s’empresse d’ajouter que ce n’est certainement pas sa dimension visuelle qui prime, que nous parlons de tout autre chose. À ce stade, nous prendrons pour seul exemple son ouvrage sur la peinture...

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