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Image et philosophie

Les usages conceptuels de l’image

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Augustin Dumont and Aline Wiame

Cet ouvrage a pour objectif d’interroger en profondeur la manière avec laquelle, historiquement, les philosophes ont « pratiqué l’image dans le concept ». Les auteurs s’interrogent sur le recours à la visualité et à la métaphore dans l’élaboration des schèmes philosophiques à travers l’histoire de la philosophie et les rapports que cette dernière entend tisser avec l’histoire du monde. On tâche de cerner les raisons que les philosophes ont pu avoir de mobiliser ou au contraire de rejeter cet opérateur conceptuel, d’assumer sa performativité ou bien de déplorer son caractère résiduel et résistant à toute systématisation de la rationalité. L’ouvrage cherche ainsi à dégager quelques figures centrales du nouage que les philosophes ne cessent d’opérer au sein du chiasme reliant la construction philosophique de l’image et la constitution de la pensée par l’image. Platon, saint Augustin, Descartes, Spinoza, Kant, Fichte, Schelling, Nietzsche, Bergson, Bachelard, Wittgenstein, Fink, Sartre, Merleau-Ponty, Castoriadis, Simondon et Deleuze sont les auteurs privilégiés dans cet ensemble.
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Chapitre VII: L’image dans la philosophie de l’identité de Schelling

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CHAPITRE VII

L’image dans la philosophie de l’identité de Schelling

Charles THÉRET

L’image porte de prime abord une transitivité et une intentionnalité constitutives qui en font l’image de quelque chose qui a plus d’être qu’elle. Reléguée au rang de quasi-être ou de quasi-non-être, l’image se voit ainsi subordonnée à un être de plein droit dont elle ne serait que la répétition spectrale, l’anticipation phantasmatique ou une recombinaison fictive. Comment alors comprendre la fortune qu’ont connue l’image et l’imagination dans l’idéalisme allemand, chez Kant comme chez Fichte ? C’est-à-dire : comment penser l’Einbildungskraft comme cette force de mise en image oscillant entre intuition et concept et qui en ce sens engendre par ce mouvement même la constitution de la réalité phénoménale ? Plus : comment Schelling, durant la période de l’identité, peut-il faire de l’imagination et de la mise en image la vie même de l’absolu ou de Dieu ? L’image ne peut plus alors être pensée comme cette transitivité et ce renvoi à un autre être qu’elle-même, plus être qu’elle, car la promotion qu’elle reçoit dans la pensée schellingienne à travers l’idée d’imagination fait d’elle la mobilité éternelle de l’être même comme absolu. L’image, coupée de sa transitivité, obtient ainsi l’autonomie que lui refuse nécessairement tout redoublement de l’être. Un nouveau concept de création doit alors se faire jour pour penser la phénom...

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