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L’imaginaire en œuvre

Romans scouts et expérience littéraire

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Laurent Déom

« Il n’y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré. » (Proust, Sur la lecture.) Une lecture peut en effet affecter en profondeur, non seulement parce qu’on y puise un savoir nouveau, mais aussi parce qu’on y découvre une autre manière d’être au monde.
Un texte littéraire – avec ses thèmes, ses structures narratives, son usage spécifique de la langue – est une interpellation. Certains lecteurs, en raison du contexte socio-historique et psychique dans lequel ils sont immergés, sont disposés à s’imprégner, d’une façon forte et durable, des imaginaires que le livre déploie. On peut ainsi analyser comment l’expérience esthétique articule des stratégies discursives et des effets émotionnels.
En raison du succès considérable qu’il a rencontré, le roman scout en français offre, à cet égard, un champ d’investigation éclairant. La collection « Signe de piste », en particulier, a suscité l’enthousiasme de nombreux lecteurs, pour des raisons qui n’ont été que partiellement élucidées jusqu’à présent et que l’on met ici en lumière sous un angle nouveau, à partir des œuvres de Serge Dalens, de Jean-Louis Foncine, d’X. B. Leprince, de Jean Valbert et de Maurice Vauthier. Cette étude s’attache notamment à analyser la construction d’une dynamique initiatique dans laquelle les romans sont capables d’entraîner le lecteur, qui est ainsi invité à adopter un rapport au monde renouvelé.
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Avant-propos

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En 2007, nous soutenions la thèse qui est à l’origine de ce livre, dont les urgences de la vie universitaire ont, depuis, différé la publication. Nous la présentons aujourd’hui assortie de modifications légères, renonçant à l’actualisation systématique qui en aurait retardé encore la parution. On y trouvera donc peu de références théoriques ou critiques postérieures à 2007, mais on y verra une étape significative de notre réflexion, qui ne se prétendait ni exhaustive, ni définitive.

Au seuil de cet ouvrage, qu’il nous soit permis d’exprimer toute notre gratitude à Georges Jacques, qui a suivi avec bienveillance les premiers pas de nos travaux, ainsi qu’à Jean-Louis Tilleuil et à Myriam Watthee-Delmotte, qui nous ont guidé ensuite avec sûreté. Nos remerciements vont aussi à Christian Chelebourg et à Francis Marcoin, qui ont bien voulu évaluer le résultat de nos recherches. Merci enfin à Céline Drèze et à Jérémy Lambert pour leur relecture patiente et attentive.

L. D. ← 11 | 12 →

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