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L’abîme de l’épreuve

Phénoménologie matérielle en son archi-intelligibilité

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Rolf Kühn

Ce livre déploie jusque dans ses plus ultimes conséquences le projet d’une auto-radicalisation de la phénoménologie. C’est une interrogation radicale sur le fond abyssal de toute épreuve subjective que l’auteur entend ici réaliser. Cette recherche contribue à l’avancement d’une phénoménologie qui ne serait plus dupe de la séparation artificielle entre des disciplines traditionnelles telles que la métaphysique, l’ontologie, la théologie, la mystique, l’épistémologie, l’éthique, l’esthétique, etc. Elle permet par ailleurs de faire de la question de l’éprouver, ressaisi en son abîme intérieur, en l’incessante fulguration de sa naissance immanente, le cœur d’une recherche renouvelée sur les conditions individuelles et collectives d’une praxis libératrice.
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Chapitre 2 Vie et être, ou phénoménologie et ontologie chez Edith Stein

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CHAPITRE 2

Avec sa principale œuvre L’être fini et l’être éternel. Un essai d’ascension vers le sens de l’être1, écrit en 1935-1936, Edith Stein a fondé sa renommée philosophique et phénoménologique comme penseur des entités ontologiques. Certains commentateurs anciens et même, parmi les plus récents, E. Przywara2, Ph. Secretan3, R. Guilead4 ou Th. Van den Driessche5 interprètent sa philosophie avant tout dans un sens essentialiste. Ces interprétations sont justifiées en raison de l’idéal de la « contemplation de l’Être » qui a poussé Edith Stein à développer sa propre réflexion d’une ontologie réaliste dès le début de ses études phénoménologiques dans le cercle husserlien de Göttingen. Il est connu qu’elle passa ensuite sa thèse avec Husserl en 1916 à Fribourg-en-Brisgau avant de devenir son assistante jusqu’en 1918 pour préparer, entre autres, l’édi ← 43 | 44 → tion des Leçons pour une phénoménologie de la conscience intime du temps à partir des manuscrits de son maître, préparation éditoriale achevée plus tard par Heidegger à Fribourg-en-Brisgau également. Après sa conversion mûrement réfléchie du judaïsme au catholicisme en 19226, Edith Stein intègre l’ordre religieux des carmélites en 19337 pour être déportée finalement, en raison de son origine juive, à Auschwitz où elle meurt – probablement le 9 août 1942 – dans ce camp de concentration devenu le synonyme de toutes les...

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