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L’abîme de l’épreuve

Phénoménologie matérielle en son archi-intelligibilité

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Rolf Kühn

Ce livre déploie jusque dans ses plus ultimes conséquences le projet d’une auto-radicalisation de la phénoménologie. C’est une interrogation radicale sur le fond abyssal de toute épreuve subjective que l’auteur entend ici réaliser. Cette recherche contribue à l’avancement d’une phénoménologie qui ne serait plus dupe de la séparation artificielle entre des disciplines traditionnelles telles que la métaphysique, l’ontologie, la théologie, la mystique, l’épistémologie, l’éthique, l’esthétique, etc. Elle permet par ailleurs de faire de la question de l’éprouver, ressaisi en son abîme intérieur, en l’incessante fulguration de sa naissance immanente, le cœur d’une recherche renouvelée sur les conditions individuelles et collectives d’une praxis libératrice.
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Chapitre 1 Aisthétique de la vie et du monde, ou l’image originaire

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CHAPITRE 1

L’ontologie d’une phénoménologie radicale de la Vie implique, à partir des analyses de Michel Henry, comme nous l’avons déjà vu, une Affectivité transcendantale qui n’est pas seulement la condition absolue de tout apparaître mais qui est présente elle-même comme auto-apparaître sensible ou charnel en tout vécu éprouvé. Si nous désignons cette Vie nous affectant absolument et en laquelle nous puisons tous nos mouvements par le sentir, on ne peut plus aborder ce sentir élémentaire ou originaire comme une simple constatation empirique, puisque tout jugement prédicatif ou catégorial « sur » la Vie absolue ou la nôtre relève déjà d’une pré-donation réalisée de cette Vie même, de telle façon que toute manifestation de l’ad-venir immémorial de la Vie nous situe dans une généalogie phénoménologique ou réductive de cette parousie pure de l’auto-apparaître d’une telle Affectivité sans âge. Il y a, par conséquent, un sentiment de vie qui précède toute proposition de nature factuelle, puisque dans l’approche discursive de la vie celle-ci se trouve abolie en son se-sentir immédiat ou immanent, car nous sommes toujours déjà « dans » la vie, avant de pouvoir formuler le moindre énoncé à son sujet. En ce sens radical d’une contre-réduction phénoménologique, nous ne sommes pas « du monde », dans la mesure où le Monde, en tant que spatialité et temporalité de rapports signifiants...

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