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François Mauriac, journaliste

Les vingt premières années, 1905–1925

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Edited By John Flower

Entre 1905 et 1925 François Mauriac rédigea plus de trois cents articles dans divers journaux et revues littéraires et culturelles, souvent mais pas toujours d’inspiration catholique. Au cours de la même période, il produisit trois recueils de poèmes, huit romans et plusieurs essais. Après une longue introduction critique le volume présente une sélection représentative de ces articles parmi lesquels se trouvent des réflexions philosophiques, des observations politiques et souvent polémiques, des chroniques théâtrales et des comptes-rendus de nombreux romans et de recueils poétiques. L’ensemble constitue un riche commentaire sur le monde culturel, intellectuel et politique de l’époque contemporaine. Déjà se fait entendre la voix de celui qui signera une trentaine d’années plus tard le célèbre bloc-notes dans Le Figaro et L’Express, avec son humour, son ironie, ses éclats de colère et son mépris à peine déguisé mais, en même temps, sa sensibilité caractéristique, son humanisme et des expressions de sa foi profonde.

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Journalisme (par ordre chronologique) -81

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Journalisme (par ordre chronologique) La Vie fraternelle, le 15 juin 1905 L’aube, à travers les vitres du compartiment, fait pâlir la f lamme qui vacille au plafond. Lourdes ! … les pèlerins du Sillon1 descendent extenués, et leur groupe lamentable piétine dans la boue, sous une petite pluie glacée qui tombe désespérément … Mais voici qu’un trait de soleil déchire la brume, les sommets neigeux s’estompent dans le brouillard, le vent matinal nettoie allègrement le ciel et porte jusqu’à nous les échos adoucis des cantiques lointains. Nous courons à la grotte où tout un peuple à genoux récite de bruyants chapelets, et les mille petites lueurs des cierges palpitent à peine visible dans le jour éclatant. A la vue de nos épis, des mains se tendent vers nous, et les camarades palois, blayais, limousins, brestois arborent à leur tour l’insigne du Sillon. Quelques heures après, trente mille hommes enivrés et conquis suivent Jésus à travers la ville, comme les foule d’autrefois sur les chemins de Galilée, l’acclamant, implorant sa pitié avec un amour infini. Au-dessus de cet océan de têtes inclinées, et comme portées par elles, l’ostensoir d’or s’avance, rutilant dans le grand soleil, et autour de lui le vent agite les orif lammes multicolores et les lourdes bannières armoriées. Puis ce fut, le soir, quinze mille f lambeaux serpentant sur l’esplanade ainsi qu’une étrange procession de vers luisants, cependant que la basilique s’illuminait jusqu’au faîte et...

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