Show Less

« Ce Salon à quoi tout se ramène »

Le Salon de peinture et de sculpture, 1791-1890

Series:

Edited By James Kearns and Pierre Vaisse

Exposition organisée par l’État jusqu’en 1881, grande fête annuelle ou bisannuelle de l’art, le Salon de peinture et de sculpture domine la vie artistique à Paris tout au long du dix-neuvième siècle. Dans l’historiographie de la modernité artistique, cependant, le rôle de ce « Salon à quoi tout se ramène » (comme le disait Tabarant dans La Vie artistique au temps de Baudelaire) a trop souvent été réduit à celui du terrain de bataille où se sont confrontées « tradition académique » et « nouveauté révolutionnaire ». Les sept études que contient ce volume ont donc pour but de restituer au Salon sa véritable dimension historique en analysant des éléments essentiels de son organisation, son fonctionnement et sa finalité, dont : son emplacement (au Louvre jusqu’en 1848), ses artistes, ses visiteurs, sa rhétorique et son système de récompenses, pour terminer sur les raisons et les conséquences de son abandon par l’État.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

La fréquentation du Salon de 1817 à 1827 EVA BOUILLO 23

Extract

La fréquentation du Salon de 1817 à 1827 EVA BOUILLO Nombreux sont les critiques évoquant l’afflux de visiteurs à « l’exposition des ouvrages des artistes vivants ». Le chroniqueur du Figaro, entre autres, relate que « la position n’est pas tenable quand il faut se hisser sur ses pieds et attraper de l’œil, à travers mille chapeaux mouvants, un bras, une jambe, une tête : car il n’y a pas espoir de jouir d’une figure entière … . ».1 Connu et reconnu, le Salon représentait le principal espace de confrontation entre créateurs, amateurs, marchands d’art et curieux. « Alors que le marché de l’art contemporain était encore embryonnaire, les expositions non officielles rarissimes et plus que modestes, il était le seul lieu où les artistes pouvaient montrer leur production, se faire une réputation et trouver commanditaires et acquéreurs ».2 Delacroix en témoigne : « J’ai commencé un tableau. Le Salon est très voisin. Je compte là-dessus pour me faire un peu connaître et obtenir des travaux ».3 Le rôle du Salon comme passage incontournable pour le succès public d’un artiste est également souligné par Louis Lacaze qui conseille vivement au peintre Charles-Philippe Larivière, alors en Italie, de « revenir à Paris et d’y faire aussitôt de grands tableaux, afin qu’on parle de vous comme vous le méritez à la prochaine exposition ».4 1 « Figaro au Salon. Les nouvelles salles. – Exposition de la rue du Gros Chenet », Le Figaro, 18 décembre 1827, p. 927. 2 Marie-Claude Chaudonneret, L’...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.