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« Ce Salon à quoi tout se ramène »

Le Salon de peinture et de sculpture, 1791-1890

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Edited By James Kearns and Pierre Vaisse

Exposition organisée par l’État jusqu’en 1881, grande fête annuelle ou bisannuelle de l’art, le Salon de peinture et de sculpture domine la vie artistique à Paris tout au long du dix-neuvième siècle. Dans l’historiographie de la modernité artistique, cependant, le rôle de ce « Salon à quoi tout se ramène » (comme le disait Tabarant dans La Vie artistique au temps de Baudelaire) a trop souvent été réduit à celui du terrain de bataille où se sont confrontées « tradition académique » et « nouveauté révolutionnaire ». Les sept études que contient ce volume ont donc pour but de restituer au Salon sa véritable dimension historique en analysant des éléments essentiels de son organisation, son fonctionnement et sa finalité, dont : son emplacement (au Louvre jusqu’en 1848), ses artistes, ses visiteurs, sa rhétorique et son système de récompenses, pour terminer sur les raisons et les conséquences de son abandon par l’État.

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L’impératif des récompenses : le cas spécifique de la sculpture (1864–1880) GUILLAUME PEIGNÉ 83

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L’impératif des récompenses : le cas spécifique de la sculpture (1864–1880) GUILLAUME PEIGNÉ L’une des principales innovations du règlement du Salon de 1864 tient à la composition du jury d’admission, qui est également amené à décerner les récompenses : il n’est plus formé par des membres de l’Académie des beaux-arts, mais élu aux trois quarts par les artistes déposants, membres de l’Institut, décorés de la Légion d’honneur ou ayant précédemment reçu une médaille au Salon. Le dernier quart est désigné par l’administration des beaux-arts. Le système des récompenses est profondément modifié : les médailles de trois classes sont remplacées par des médailles uniques, d’une valeur de 400 francs, au nombre de 15 dans la section de sculpture. Les mentions honorables et rappels de médaille sont supprimés, mais le jury peut désormais attribuer non plus une mais deux médailles d’honneur, d’une valeur de 4 000 francs, « aux deux meilleurs ouvrages du Salon ». Les conséquences de ces réformes sur l’histoire de la peinture française ont suscité, jusqu’à aujourd’hui, beaucoup de commentaires et d’analyses. On s’est plus rarement intéressé à leur incidence sur la sculpture, sans doute parce que le constat de Victor Cherbuliez, formulé en 1876, reste pertinent cent trente ans plus tard : « L’homme de ce siècle n’a rien de sculptural ni dans ses goûts ni dans son caractère ».1 Notre étude voudrait montrer...

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