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Georges Bataille, Poète du réel

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Marie-Christine Lala

Comment reconnaître le poète en Georges Bataille – à côté de l’écrivain et du penseur? A partir d’une lecture détaillée de L’Impossible, ce livre met peu à peu en lumière la relation paradoxale qui s’établit dans le mouvement de l’écriture entre le langage, l’expérience et le monde. Cette approche favorise les confrontations en sciences humaines et en même temps, elle éclaire le sens de la haine de la poésie qui excède les limites de la littérature et de la philosophie. Par leur exploration du mode de référence propre à l’énonciation, ces analyses permettent aussi de questionner la place du lecteur et les enjeux de la critique du discours. On peut voir les thèmes-clés de la pensée de Bataille (souveraineté, transgression, sacré…) ordonner leur cohérence profonde autour du réel impossible, depuis l’œuvre de la mort dans le texte. D’une poétique nouvelle, cette écriture augure une éthique à venir.

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Chapitre 5La littérature n’est rien si elle n’est poésie 121

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Chapitre 5 La littérature n’est rien si elle n’est poésie Dans l’épreuve de l’impossible et de la mort, la littérature et la poésie sont mises en question l’une par l’autre. Du langage narratif au langage poéti- que, à travers la topique du texte littéraire, la poésie se révèle à elle-même, portée à hauteur du sacrifice qui lui restitue son authenticité, avec son sens sacré. En retour, la littérature recueille les effets de cette mise à mort, et elle-même contaminée par la ruine de la poésie, elle en assume la charge destructrice au point d’y connaître sa propre décomposition. Mais c’est à partir de là qu’elle s’institue, à partir de là qu’elle devient l’essentiel… Bataille précise d’ailleurs que la littérature est «toujours grosse d’une révolution» et «plaide coupable» (IX, 172), parce qu’elle ne peut recouvrer sa spécifi- cité que si elle sait accueillir le problème du Mal pour permettre à la poésie d’accéder au statut de conduite souveraine, en exprimant toute la haine, la force de vie et de mort, par où elle atteint à sa dimension esthétique et éthique. L’incidence de l’impossible sur la littérature ouvre donc la littéra- ture à la poésie et au mouvement de translation du monde. Pour sauvegarder la part d’inconnu libre et sauvage sans lequel le vivant n’a aucune chance de renouvellement, il faut vouloir l’impossible, savoir maintenir la projection du connu vers l’inconnu, la...

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