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Dans le feuilletage de la terre

Sur l’œuvre poétique de Marie-Claire Bancquart- Colloque de Cerisy

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Edited By Béatrice Bonhomme, Aude Préta-de Beaufort and Jacques Moulin

Ce livre se consacre à l’œuvre de Marie-Claire Bancquart, poète, romancière, essayiste et critique. Habiter le monde en conscience, en y effleurant des joies, en y devinant des survies dans l’immanence, sans rien ignorer de ses violences, habiter « avec la mort, quartier d’orange entre les dents », telle est la tâche que se fixe Bancquart dans sa poésie. « Braille du vivant », la langue du poème doit permettre, avec simplicité, exigence, tendresse, d’interroger l’énigme des choses, entre présence et fragilité, parole et suspens.
De la révolte des premiers recueils à la sérénité inquiète des plus récents, l’œuvre accomplit un parcours poétique et existentiel dont les amis, poètes et chercheurs réunis à Cerisy-la-Salle pour le colloque international de septembre 2011 ont voulu montrer la singularité. Ces présentations sont réunies dans ce volume, qui est à ce jour le plus important ensemble critique consacré à l’œuvre poétique de Bancquart.

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Marie-Claire Bancquart Poèmes

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Dédicace Prestation, présentation, représentation, me voici devant vous, auditeurs, retenant mes mouvements, mesurant ma voix : je crains cette espèce de nudité qui va jusqu’au diaphragme. Je voudrais tâter le bois de mon siège parce que le bois rassure du moins n’étalerai-je pas pour vous une nappe de nuits, de rêves, imaginée ou non. J’évoquerai par mots étroits ce qui est très étroit dans nos destinées. Mon recours se ramassera dans cette feuille, tombée sans doute d’un bouquet sur la table. Comme moi elle est seule, comme moi elle a soif. Du moins elle a connu la pluie et les oiseaux. …Vous aussi. Et, déjà, vous m’êtes plus proches. xxii Marie-Claire Bancquart Est-ce qu’il existe un paradis en nous ? – Jamais je ne l’ai visité. Des friches, des tourbières, oui ; des lieux où l’on s’enliserait, s’il ne se trouvait aussi des refuges. Incommodes, il est vrai, comme ceux où menait, pen- dant la guerre, le son aigre d’une sirène. Je doute de ma propre présence. Ici, le parquet luit, les livres s’of frent, l’ordinateur est tout prêt à servir. Je suis de trop. D’où ma méfiance : comment ai-je été placée là, et par qui ? D’autres ressentent peut-être cette étrangeté dans leurs rêves. Quant à moi, c’est à l’état de veille. Comme le Cyclope, sans cesse, penserait à Ulysse qui lui a dit se nommer « Personne ». Il se dirait : – Personne ? Pourquoi ne serait-ce...

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