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Dans le feuilletage de la terre

Sur l’œuvre poétique de Marie-Claire Bancquart- Colloque de Cerisy

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Edited By Béatrice Bonhomme, Aude Préta-de Beaufort and Jacques Moulin

Ce livre se consacre à l’œuvre de Marie-Claire Bancquart, poète, romancière, essayiste et critique. Habiter le monde en conscience, en y effleurant des joies, en y devinant des survies dans l’immanence, sans rien ignorer de ses violences, habiter « avec la mort, quartier d’orange entre les dents », telle est la tâche que se fixe Bancquart dans sa poésie. « Braille du vivant », la langue du poème doit permettre, avec simplicité, exigence, tendresse, d’interroger l’énigme des choses, entre présence et fragilité, parole et suspens.
De la révolte des premiers recueils à la sérénité inquiète des plus récents, l’œuvre accomplit un parcours poétique et existentiel dont les amis, poètes et chercheurs réunis à Cerisy-la-Salle pour le colloque international de septembre 2011 ont voulu montrer la singularité. Ces présentations sont réunies dans ce volume, qui est à ce jour le plus important ensemble critique consacré à l’œuvre poétique de Bancquart.

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Part VI Lieux de l’incarnation

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Serge Bourjea L’animal, mon corps Je commencerai par une lecture, assuré que ce que j’ai à dire de la poésie de Marie-Claire Bancquart est déjà inscrit, déjà gardé au secret de ses poèmes, et de magistrale façon. Lecture d’un texte récent, publié en 2007 à la fin de Verticale du secret, dans une série qui s’appelle « Feudataire des riens » (magnifique titre, le poète comme « feudataire » sans doute, mais de ces presque « riens » qui donnent à l’existence son prix)1, et repris dans le très émouvant ouvrage, partiellement autobiographique, que Marie-Claire Bancquart a publié en 2010 sous le titre Explorer l’incertain. Voici vingt ou trente siècles un poète mon frère regardait l’insecte minuscule cheminant le long de son bras. Il s’étonnait avec violence d’être là, au monde, en même temps que lui dans le pli commun des immenses combinaisons de l’univers. Attentats, guerres, soleils en délire, non loin brûlaient les villes. Par hasard épargnés, par hasard ensemble, entre les lignes de l’inexorable duraient le poète et la bête. EX, 17. Repris de « Feudataire des riens », in VS, 89 (dernier poème du recueil). 1 Rappelons que « feudataire » (du bas latin feudum, « titulaire d’un fief ») désigne un propriétaire, le possesseur d’un bien. 258 Serge Bourjea On imagine aisément l’« insecte minuscule » cheminant le long du bras d’un écrivain, traçant de sa marche incertaine – « dans [c]e pli commun de l’univers » o...

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