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Dans le feuilletage de la terre

Sur l’œuvre poétique de Marie-Claire Bancquart- Colloque de Cerisy

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Edited By Béatrice Bonhomme, Aude Préta-de Beaufort and Jacques Moulin

Ce livre se consacre à l’œuvre de Marie-Claire Bancquart, poète, romancière, essayiste et critique. Habiter le monde en conscience, en y effleurant des joies, en y devinant des survies dans l’immanence, sans rien ignorer de ses violences, habiter « avec la mort, quartier d’orange entre les dents », telle est la tâche que se fixe Bancquart dans sa poésie. « Braille du vivant », la langue du poème doit permettre, avec simplicité, exigence, tendresse, d’interroger l’énigme des choses, entre présence et fragilité, parole et suspens.
De la révolte des premiers recueils à la sérénité inquiète des plus récents, l’œuvre accomplit un parcours poétique et existentiel dont les amis, poètes et chercheurs réunis à Cerisy-la-Salle pour le colloque international de septembre 2011 ont voulu montrer la singularité. Ces présentations sont réunies dans ce volume, qui est à ce jour le plus important ensemble critique consacré à l’œuvre poétique de Bancquart.

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Part VII Accompagnements poétiques

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Jacques Darras « Ne pas en être tout à fait » ou l’art de s’abstraire de la musique du temps Il y a une constante dans l’œuvre de Marie-Claire Bancquart depuis 1969, qu’un rapide parcours de l’anthologie Rituel d’emportement, Poèmes 1969–2001, permet de noter. La disposition typographique du poème sur la page n’a pour ainsi dire pas changé au cours des 40 dernières années. Même longueur d’assemblage des strophes, soit une moyenne d’environ 5 ou 6. À quelques rares exceptions près, ainsi la séquence Contrées du corps natal. Même quantité des blancs espa- çant entre elles chacune des strophes, soit l’équivalent d’un interligne. Cette constance donne à l’œuvre une image de parfaite stabilité et de non moins grande continuité. Je reprendrai les termes d’une dédicace que m’a faite l’auteur, se citant elle-même « nous dans l’Univers / comme âme d’instrument / qui (des fois) sonnerait juste ». Indéniablement, le poème de Marie-Claire Bancquart entend se donner l’aspect d’un outil ou d’un instrument typographique soli- dement accordé, doté d’une parfaite constance d’âme. Ceci vaut comme image bien sûr. Ne concerne que l’existence extérieure du poème tel que disposé sur la page. À raison d’un poème par page, majoritai- rement. Prolongeant l’image, j’avancerai que l’échange qui lie l’instrument – le poème – aux thèmes exécutés par le poète-compositeur sur ledit instrument, prend dans le cas de Marie-Claire, une amplitude d’écho croissante à mesure qu’elle...

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