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Dans le feuilletage de la terre

Sur l’œuvre poétique de Marie-Claire Bancquart- Colloque de Cerisy

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Edited By Béatrice Bonhomme, Aude Préta-de Beaufort and Jacques Moulin

Ce livre se consacre à l’œuvre de Marie-Claire Bancquart, poète, romancière, essayiste et critique. Habiter le monde en conscience, en y effleurant des joies, en y devinant des survies dans l’immanence, sans rien ignorer de ses violences, habiter « avec la mort, quartier d’orange entre les dents », telle est la tâche que se fixe Bancquart dans sa poésie. « Braille du vivant », la langue du poème doit permettre, avec simplicité, exigence, tendresse, d’interroger l’énigme des choses, entre présence et fragilité, parole et suspens.
De la révolte des premiers recueils à la sérénité inquiète des plus récents, l’œuvre accomplit un parcours poétique et existentiel dont les amis, poètes et chercheurs réunis à Cerisy-la-Salle pour le colloque international de septembre 2011 ont voulu montrer la singularité. Ces présentations sont réunies dans ce volume, qui est à ce jour le plus important ensemble critique consacré à l’œuvre poétique de Bancquart.

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Part XI Mise en scène d’une poétique des limites

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Shirley Jordan Marie-Claire Bancquart : poétique des limites La notion des limites est au cœur de la pratique poétique de Marie-Claire Bancquart. Chaque poème, envisagé comme « faire part des dif ficultés » (« Quatrième de couverture », MA), est une investigation avide et persistante des limites et un exercice, à mi-chemin entre af firmation et négation, par lequel la poète établit des points de repère fondamentaux pour se (re)situer dans le monde : exercice hygiénique, aurait dit Francis Ponge ; art de vivre qui assure un équilibre face à l’absurdité de l’existence humaine ; geste toujours à renou- veler, aussi fondamental que la respiration. L’articulation des limites chez Marie-Claire Bancquart a déjà été le sujet de plusieurs études : par exemple un article de Karen Bouwer (2005) qui base son analyse sur le recueil de 1988 Opéra des limites et qui se focalise surtout sur les limites inhérentes à la langue, ou la monographie de Peter Broome (2008) qui lui aussi analyse le statut fondamental et structurant des limites chez la poète. Ma propre contribution à ce champ d’études se concentrera sur une lec- ture détaillée de l’expression des limites dans le recueil de 2005, Avec la mort, quartier d’orange entre les dents (AM). Quelles sont les multiples façons dont poète et lecteur se heurtent aux limites dans ce recueil ? Il s’agit des limites physiques (comment établir la cartographie de notre corps (vieillissant) ? Comment connaître le monde par nos sens ?) ; cognitives (jusqu’o...

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