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Lectures phénoménologiques en littérature française

De Gustave Flaubert à Malika Mokeddem

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Franck Dalmas

La réflexion de Maurice Merleau-Ponty sur le phénomène littéraire et l’œuvre d’art a révélé de grandes potentialités pour leur interprétation. La parole muette, la corrélation des gestes du corps et des actes de conscience, la facticité des impressions dans la représentation du visuel sont des voies ouvertes à une nouvelle approche de lecture. La phénoménologie permet de saisir ces éléments dans les textes littéraires et dans un dialogue avec les autres arts. Il manquait à la théorie critique un ouvrage d’abord simple sur la valeur littéraire dans la pensée de Merleau-Ponty, qui puise dans son ontologie les outils conceptuels pour approfondir le débat du discours artistique et de l’existence. Avec un choix éclectique d’écrivains, cet ouvrage propose plusieurs avenues possibles à l’examen d’une critique phénoménologique. Huit études d’auteurs divers, de Flaubert à Malika Mokeddem, en passant par Proust et Michel Tournier, procurent de multiples résonances internes à travers les quatre grands thèmes du corps, de l’acte existentiel, de l’usage langagier de création, et des relations de l’écriture à la photographie et au cinéma.

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Chapitre III Phénoménologie et langage

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Le langage et le corps sont reliés par des mécanismes psychiques et phy- siques que notre présent chapitre va explorer grâce à une phénoménologie de l’expression. La parole se communique avant tout à travers le corps, grâce notamment à une gestuelle de phonation et d’articulation. Mais ce n’est pas là l’unique corrélation que nous y décelons. Car le langage est lui-même une fonction corporelle qui trouve son mouvement à l’intérieur d’un système organique nerveux, sensible et réf lexif. Le langage est donc intimement lié à la formation et à la préservation d’une identité, que la littérature se fait fort de nous rendre.1 Le rapport à autrui, constitutif d’une communication et d’une connaissance de soi primitives, dérive de la conscience d’une alté- rité du Moi dans l’Autre qui seule motive la production d’un langage. Par l’étude du pronom impersonnel « on » dans la poésie d’avant-garde de Pierre Reverdy il s’agira de montrer qu’une expression langagière minima- liste parle pour sa relation d’identité avec un corps séparé de son instance intentionnelle. Une œuvre laisse toujours entrevoir de multiple possibilités et n’est pas l’apanage d’une subjectivité, comme le disait en grand précurseur Lautréamont dans ses Poésies II : « La poésie doit être faite par tous. Non par un. »2 C’est exactement le constat que procure l’œuvre dépersonnali- sée de Reverdy, et dont un nouvel angle d’approche phénoménologique 1 Lavelle, La parole...

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