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Béatrice Bonhomme

Le mot, la mort, l’amour

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Edited By Peter Collier and Ilda Tomas

Ce recueil d’études, ce Festschrift, fête l’œuvre de Béatrice Bonhomme et en même temps en fait l’analyse critique. Depuis vingt ans Bonhomme nourrit la poésie française de sa contribution d’écrivain, de professeur de lettres à Nice et d’éditrice de la revue Nu(e) où elle accueille les meilleurs poètes de notre temps. Cet ouvrage reflète entre autres les rapports et les correspondances qui relient son travail à celui d’autres artistes, autant visuels que poétiques.
Il s’emploie à saisir la créativité multiple du poète architecte et archéologue de la parole et à exalter ce qui, dans son verbe, évoque la fouille et la fresque, le chant orphique et la toile abstraite, la cisaille et la musique syncopée. Il présente un modèle détaillé de la théorie poétique actuelle comme elle s’élabore dans l’œuvre de Bonhomme. Chaque chapitre cible un des thèmes dominants de son œuvre poétique. Tout en se servant d’approches diverses, leur trait d’union et point culminant est leur appréciation d’une écriture personnelle et courageuse, traitant sans arrière pensée de l’amour et de l’enfance, des mots et de la mort.

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Partie II Enfance du poète, genèse du poème

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Jean-Marie Barnaud Béatrice Bonhomme : une enfance sauvegardée Il faut faire quelque chose pour la joie. — L’Âge d’en haut Quelque part, en nous et hors de nous, la vie nous berce. Cette tendresse-là renvoie évidemment à l’enfance ; il se peut même qu’elle suscite et anime une nostalgie, dès lors qu’elle éveille les souvenirs de notre enfance ; cependant l’enfance est aussi tout autre chose : une dis- position de l’âme et du corps à embrasser chaque instant de la vie comme une origine ; une confiance dans ce qui est donné ici et maintenant, malgré les déchirures et les malheurs. Ainsi, quelque chose comme la promesse d’un « devenir enfant », pour parler comme Deleuze, traverse les textes de Béatrice Bonhomme. Vrai qu’on retrouve, en particulier dans les livres1 publiés à Nu(e) au printemps 2002, les éléments d’une nostalgie des lieux et des visages dont la vie nous a séparés ; et qu’il y eut un temps dont par exemple Dernière adolescence évoque la « magie » à travers l’expérience d’une insouciance désormais perdue. Ce fut alors une vie panique et sans médiation, « matins premiers », courses dans l’herbe et la rosée ; de ce temps-là témoignent encore toutes sortes d’images fugitives dont le regard enfantin s’émerveillait, leur donnant pour toute la vie une qualité de présence et d’évidence : ainsi 1 Cette lecture s’est appuyée, en particulier, sur le corpus suivant : les trois livres parus aux éditions Nu(e) en juin 2002,...

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