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L’Autobiographie entre autres

Écrire la vie aujourd’hui

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Edited By Fabien Arribert-Narce and Alain Ausoni

Où va l’autobiographie ? Alors qu’elle évolue entre les genres, entre les cultures et les langues, ainsi qu’entre les nouveaux moyens de capter et d’archiver la vie, on remarque qu’elle constitue plus que jamais un lieu d’expérimentation et d’innovation pour les auteurs d’expression française. Cet ouvrage se propose dès lors d’examiner plusieurs des formes d’écriture de soi qui ont marqué ces dernières décennies. Parcourir des œuvres d’auteurs et de cinéastes reconnus avec des spécialistes de l’autobiographie, c’est se donner une chance de saisir certaines évolutions et de mesurer la vitalité d’un genre pour lequel l’intérêt critique et populaire n’a fait que croître depuis les premiers travaux de Philippe Lejeune (qui signe l’arrière-propos de ce volume) dans les années 1970. On trouvera ici des contributions de chercheurs qui répondent au commun désir de développer de nouveaux cadres théoriques permettant d’apprécier à sa juste valeur la remarquable diversité de la production autobiographique contemporaine.

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Arrière-propos

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Je me suis regardé dans le miroir, très fidèle, que m’a tendu Sabine Kraenker.1 Un pas en avant, un pas en arrière, elle a raison : les avant-propos de mes livres dessinent une valse hésitation, un f lirt avec l’autobiographie. Mais se regarder est une chose, se savoir regardé une autre. On se sent un peu dépossédé de soi. Plus le regard est juste, plus on est troublé. On a alors tendance à rentrer dans sa coquille, à se refermer comme une huître. En m’avançant un peu, si peu, à découvert, n’ai-je pas été imprudent, impudent, impudique même ? N’ai-je pas donné à d’autres le droit de parler, à leur guise, de mon pauvre moi ? D’envahir son territoire ? Mais ce que je me suis permis d’exposer, dans ces avant-propos, n’est qu’un vestibule : mon rapport à l’autobiographie, non mon autobiographie. Vue de l’extérieur, la frontière peut sembler ténue, f luide, poreuse. De l’intérieur, j’ai l’impression d’être resté à l’abri d’un solide rempart, avec créneaux et échauguettes. Peut-être est-ce une illusion, d’un côté comme de l’autre : mon moi doit être moins ouvert et moins protégé qu’il n’y paraît. Je me souviens de ma gêne, quand j’étais de l’autre côté de la barrière. Je me revois, le cœur battant, en 1974, sonnant à la porte de Michel Leiris. En publiant L’Âge d’homme, il m’avait donné, à moi comme à n’importe qui, le droit de pénétrer dans son...

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