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Éthique de l’imitation dans la littérature et le cinéma de l’immigration en France (1986–2005)

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Hélène Sicard-Cowan

Cette étude est consacrée aux pratiques imitatives qui continuent de caractériser un grand nombre d’œuvres littéraires et de films issus de l’immigration dans la France postcoloniale. L’imitation de la culture française dans la production artistique des immigrants et de leurs descendants a généralement été interprétée de deux manières par les critiques : soit comme le signe d’un manque de talent et parfois aussi d’intégrité, soit comme un acte politique à travers lequel les artistes en question exprimeraient leur mécontentement par rapport à la société et à la politique françaises passées et présentes. L’intervention de ce livre consiste à mettre en relief un aspect souvent ignoré des pratiques imitatives, y compris le plagiat, à savoir leur dimension éthique. Les artistes dont l’œuvre est analysée dans ce livre ont des liens avec le Vietnam, le Cameroun, l’Algérie, le Liban et la Tunisie.
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Chapitre II: À l’école du sentiment : le cinéma de Ziad Doueiri et d’Abdellatif Kechiche

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CHAPITRE II

À l’école du sentiment : le cinéma de Ziad Doueiri et d’Abdellatif Kechiche

Si Le Gone du Chaâba traite de l’intégration des jeunes issus de l’immigration arabe à une époque reculée (les années soixante), de nombreuses œuvres littéraires et cinématographiques contemporaines témoigne de l’actualité de cette problématique pour la société française. C’est tout particulièrement le cas des films Lila dit ça (2005), tourné par l’un des représentants du nouveau cinéma libanais Ziad Doueiri, et de L’Esquive (2004), réalisé par l’acteur et cinéaste franco-tunisien Abdellatif Kechiche, deux films qui sortirent sur le grand écran à une année d’intervalle l’un de l’autre. La comparaison de ces deux œuvres se justifie aussi bien sur le plan thématique qu’esthétique. Au niveau du contenu, ces deux films explorent les conséquences, pour les jeunes protagonistes masculins franco-arabes, de leur interpellation par des jeunes filles qui sollicitent leur attention sans passer par le mode d’adresse communément adopté par la société dominante vis-à-vis de ces jeunes hommes, à savoir l’accusation. En fait, on peut dire que les deux cinéastes inaugurent un nouveau type de personnage masculin dans leurs films, le héros sentimental franco-arabe, en recourant à des stratégies esthétiques similaires : le gros plan et l’adaptation d’une œuvre littéraire.

Dans son étude intitulée Reframing Difference, Carrie Tarr indique que le gros plan est...

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