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Textures

Processus et événements dans la création poétique moderne et contemporaine

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Edited By Jeff Barda and Daniel Finch-Race

Le présent volume vise à questionner la place qu’entretiennent les textures dans le champ de l’expérience esthétique. Dans une image, un texte, un mouvement quelque chose se trame, achoppe, râpe, se défait et se déforme ; une couleur, une tache, une ligne, un tracé, une rupture syntaxique, un bégaiement, un bruit, un gros plan ouvrent à de multiples bifurcations sensorielles. Ainsi quelles techniques d’inscription, de composition – de tissage – sont à l’œuvre en peinture, au cinéma, en musique, au théâtre, en vidéo, en performance et dans les lettres ? Comment les définir, les saisir, les approcher dans leur singularité ? Les articles ici rassemblés cherchent à décrire et rendre sensible la manière dont les textures forment-déforment-reconfigurent-réactualisent non seulement les objets dans lesquelles elles s’engagent, mais aussi nos manières d’être. Si la problématique des textures jouit d’une certaine actualité dans les domaines de la création et de la recherche, reste pour nous la nécessité de cartographier cette notion, et d’en proposer une constellation dans le ciel du présent.
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‘Écrans tactiles’ : Esthétique, dramaturgie et épistémologie des textures dans le ‘cinéma français des sensations’

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← 80 | 81 →SOPHIE WALON

Depuis les années 2000, critiques et universitaires ont repéré l’émergence d’une nouvelle tendance du cinéma français qui se concentre sur la mise en scène des corps et des sensations, et qui retravaille (en la mettant en valeur de manière inédite) la matérialité du médium cinématographique, c’est-à-dire la matière et les textures des images et des sons. Illustré par des réalisateurs tels que Claire Denis, Bruno Dumont, Bertrand Bonello ou Philippe Grandrieux, cette tendance cinématographique a été appelée ‘cinéma des sensations’ par Martine Beugnet dans un ouvrage de 2007 qu’elle consacra à la question.1 Martine Beugnet définit ce cinéma des sensations comme ‘un cinéma qui fait la part belle à la matérialité des corps et des objets mais aussi à la matière des images et des sons eux-mêmes’.2 Or, faire la part belle à la matière (des êtres, des choses, des images et des sons) c’est s’intéresser à leur aspect, leur forme, leur épaisseur, leur volume, leur surface et leur densité ; en somme, à leurs textures.

← 81 | 82 →Ce débordement d’effets sensoriels, notamment tactiles, a souvent été considéré comme excessif, et a parfois été taxé de pur formalisme ou, pire, de sensationnalisme gratuit dans la lignée de l’article acerbe de James Quandt, dans lequel le critique inventa la fameuse expression New French Extremism3 pour (dis)qualifier cette nouvelle tendance cinématographique...

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