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Textures

Processus et événements dans la création poétique moderne et contemporaine

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Edited By Jeff Barda and Daniel Finch-Race

Le présent volume vise à questionner la place qu’entretiennent les textures dans le champ de l’expérience esthétique. Dans une image, un texte, un mouvement quelque chose se trame, achoppe, râpe, se défait et se déforme ; une couleur, une tache, une ligne, un tracé, une rupture syntaxique, un bégaiement, un bruit, un gros plan ouvrent à de multiples bifurcations sensorielles. Ainsi quelles techniques d’inscription, de composition – de tissage – sont à l’œuvre en peinture, au cinéma, en musique, au théâtre, en vidéo, en performance et dans les lettres ? Comment les définir, les saisir, les approcher dans leur singularité ? Les articles ici rassemblés cherchent à décrire et rendre sensible la manière dont les textures forment-déforment-reconfigurent-réactualisent non seulement les objets dans lesquelles elles s’engagent, mais aussi nos manières d’être. Si la problématique des textures jouit d’une certaine actualité dans les domaines de la création et de la recherche, reste pour nous la nécessité de cartographier cette notion, et d’en proposer une constellation dans le ciel du présent.
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Espace de virtualités et essaim de singularités dans la poésie sonore et graphique d’Anne-James Chaton

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← 146 | 147 →JEFF BARDA

Voici un homme chargé de ramasser les débris d’une journée de la capitale. Tout ce que la grande cité a rejeté, tout ce qu’elle a perdu, tout ce qu’elle a dédaigné, tout ce qu’elle a brisé, il le catalogue, il collectionne. Il compulse les archives de la débauche, le capharnaüm des rebuts. Il fait un triage, un choix intelligent ; il ramasse, comme un avare un trésor, ordures qui, remâchées par la divinité de l’Industrie, deviendront des objets d’utilité ou de jouissance.1

L’idée d’un bricolage permanent semble être devenue l’un des traits les plus saillants de la création poétique de la fin du XXe siècle qui travai lle souvent à partir de textes reçus ou récupérés2 de manière à générer de nouvelles filiations de sens, à modifier notre regard ou nos croyances. Si, comme le notait récemment Tiphaine Samoyault au sujet du roman contemporain, ‘le monde paraît être devenu un gigantesque réservoir de documents qu’il faut éclairer et mettre à la disposition du lecteur’,3 le poète américain Kenneth Goldsmith, prônant l’uncreative writing n’envisageait pas les choses différemment lorsqu’il affirmait qu’aujourd’hui ‘the problem is not needing to write more [text]; instead, we must learn to negotiate the vast quantity ← 147 | 148 →that exists [le problème n’est pas d’écrire plus, mais d’apprendre à négocier avec l’innombrable quantité de textes qui...

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