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« Infra-noir », un et multiple

Un groupe surréaliste entre Bucarest et Paris, 1945–1947

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Edited By Monique Yaari

Bucarest – Paris, 1945-1947. Pendant cet intervalle trouble où la dictature communiste ne s’est pas encore imposée dans la capitale roumaine sur les décombres du fascisme, un groupe surréaliste singulier émerge de la clandestinité avec un enchaînement fébrile de publications et d’expositions. Se pensant en dialogue avec Paris mais affirmant hautement sa différence, il arbore l’« Infra-noir » comme signe d’une identité codée.
Les publications collectives en langue française que réalisent Gherasim Luca, Trost, Paul Paun, Virgil Teodorescu et Gellu Naum durant ces deux années de relative liberté sont ici, pour la toute première fois, réunies et reproduites en fac-similé. Elles sont accompagnées d’études attentives signées par une équipe internationale de chercheurs pluridisciplinaires, offrant un regard critique inédit non seulement sur ces pages étonnantes, mais aussi sur la double spécificité de chacun des trois premiers membres du groupe – qui ont définitivement opté pour le français et dont on découvrira ici l’importante production plastique.
Sous la direction de Monique Yaari, l’ensemble ouvre une riche perspective autant sur l’aspect poétique et esthétique des œuvres que sur la pensée qui les informe, fondamentale et novatrice.
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FRANÇOISE NICOL – Trost ou le « plaisir de flotter » …

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FRANÇOISE NICOL

Trost ou le « plaisir de flotter »…

Nous sommes d’accord avec le rêve, la folie, l’amour et la révolution.

— GHERASIM LUCA et TROST, 1945

En 1947, aux côtés de Gherasim Luca, Paul Păun et Virgil Teodorescu, Trost fournit deux contributions à la série des plaquettes « Infra-noir » : Le Même du même et Le Plaisir de flotter1. Ce sont principalement ces deux textes, dont une lecture serrée n’a pas encore été tentée, qui vont nous frayer ici l’accès à la pensée de Trost.

Les deux jeux de quatre plaquettes qui voient le jour en 1947 peuvent se lire comme un manifeste collectif dont « Infra-noir » serait le titre (c’est aussi le nom de la collection). Elles paraissent le 15 février et le 10 avril, celles de Trost dans l’ordre mentionné. Il ne s’agit pourtant pas d’un texte collectif, dans la veine des débuts du surréalisme français. Pour Luca, qui se méfie d’une approche « collectiviste » et préfère l’association à la fusion, il est essentiel de distinguer les différences2. Mais tous obéissent à une même consigne en proposant chacun deux plaquettes en français. On trouve des résonances entre ces textes, en particulier entre ceux de Trost et de Luca qui, deux ans auparavant, ont signé le manifeste Dialectique de la dialectique (avec pour sous-titre « Message adressé au mouvement surréaliste...

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