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Le texte comme présence

Contribution à l’histoire de la réflexion sur le texte et le livre

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Juliusz Domański

Commençant par Homère et finissant avec les héritiers de l’humanisme de la Renaissance au XVIIe siècle, on suit ici les réflexions sur la puissance particulière des mots écrits, donc du texte. Grâce à sa puissance, il rend effectivement présents pour ses lecteurs tous ceux dont il parle, et qui sont, d'une façon ou d’une autre, absents, soit en raison de leur distance spatiale, soit à la suite de leur mort. De même il rend présent également son auteur. On esquisse ici la naissance de cette idée à l’époque de la littérature orale de la Grèce archaïque, ses métamorphoses dans la poésie et la prose grecques et latines de l’Antiquité, sa continuation au Moyen Âge, son sommet à la Renaissance, mais à la fois sa crise, commençant déjà à cette époque.

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VI – Le livre – la source du savoir révéré au Moyen-Âge

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Le Moyen Âge plus encore que les périodes hellénistique et romaine de la culture grecque, et plus que les périodes classique et tardive de la culture latine, se caractérise par ce que l’on appelle « culture du livre » – et cela pour deux raisons. Premièrement parce qu’il hérite de la symbolique biblique du livre toute entière et il la développe – la symbolique dont de nombreux exemples nous avons cités ci-dessus. Deuxièmement aussi parce que le Moyen Âge commence avec les efforts que les « derniers Romains » ont entrepris pour intercepter, sauver et transmettre aux « nouveaux Romains », c’est-à-dire aux barbares qui se sont emparés de l’empire, la culture spirituelle du monde antique mise en écrit et consolidée dans les livres.

En ce qui concerne cette dernière question, il suffit peut-être de rappeler quelques personnages frontaliers, entre autres Boèce – l’homme politique de la cour de Théodoric Ier, « le dernier Romain », personne grande et tragique. Il s’est donné comme devoir de traduire en latin les œuvres philosophiques des Grecs, surtout celles d’Aristote, et c’est ainsi qu’il a crée et transmis au Moyen Âge latin la terminologie philosophique latine, qu’emploient jusqu’à présent les langues modernes, l’ayant quelque peu modifiée. Un autre personnage c’est Cassiodore. Après une carrière politique mouvementée (quoique pas aussi troublée et tragique que celle de Boèce, mort au prison), il a fondé le monastère...

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