Show Less
Restricted access

Le texte comme présence

Contribution à l’histoire de la réflexion sur le texte et le livre

Series:

Juliusz Domański

Commençant par Homère et finissant avec les héritiers de l’humanisme de la Renaissance au XVIIe siècle, on suit ici les réflexions sur la puissance particulière des mots écrits, donc du texte. Grâce à sa puissance, il rend effectivement présents pour ses lecteurs tous ceux dont il parle, et qui sont, d'une façon ou d’une autre, absents, soit en raison de leur distance spatiale, soit à la suite de leur mort. De même il rend présent également son auteur. On esquisse ici la naissance de cette idée à l’époque de la littérature orale de la Grèce archaïque, ses métamorphoses dans la poésie et la prose grecques et latines de l’Antiquité, sa continuation au Moyen Âge, son sommet à la Renaissance, mais à la fois sa crise, commençant déjà à cette époque.

Show Summary Details
Restricted access

IX – Les humanistes du Quattrocento italien

Extract



Commençons par les deux lettres fameuses que Pétrarque a écrites à Cicéron après avoir lu en 1345 les lettres de ce dernier à Atticus, à Brutus et au frère Quintus récemment découvertes. Bien qu’elles diffèrent l’une de l’autre — la première étant pleine des reproches du poète italien contre les faiblesses morales de son idole antique jusqu’à ce temps-là irréprochable, tandis que la seconde constitue une sorte de la révocation de ces reproches causée par les amis de Pétrarque179 – l’une et l’autre, elles augurent la modification la plus importante que les humanistes italiens ont introduit dans l’idée que nous analysons ici. C’est qu’ils ont pris tout à fait au sérieux le concept qui précédemment se faisait à peine sentir chez les héritiers de la culture antique (par exemple chez Richard de Bury), à savoir que l’auteur n’est pas seulement présent d’une certaine manière dans son texte, mais qu’une conversation avec lui est également possible d’une certaine manière. On a ainsi modifié les idées déjà bien établies dans les réflexions précédentes – de l’Antiquité et du Moyen Âge – concernant les bienfaits de l’écriture et des livres ; bienfaits tels que la mémoire et surtout la prolongation de la vie humaine. Pétrarque lui-même a vécu dans le cercle de ces idées et il les exprimait souvent, comme par ← 123 | 124 → exemple dans ce discours, indiquant les...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.