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Le texte comme présence

Contribution à l’histoire de la réflexion sur le texte et le livre

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Juliusz Domański

Commençant par Homère et finissant avec les héritiers de l’humanisme de la Renaissance au XVIIe siècle, on suit ici les réflexions sur la puissance particulière des mots écrits, donc du texte. Grâce à sa puissance, il rend effectivement présents pour ses lecteurs tous ceux dont il parle, et qui sont, d'une façon ou d’une autre, absents, soit en raison de leur distance spatiale, soit à la suite de leur mort. De même il rend présent également son auteur. On esquisse ici la naissance de cette idée à l’époque de la littérature orale de la Grèce archaïque, ses métamorphoses dans la poésie et la prose grecques et latines de l’Antiquité, sa continuation au Moyen Âge, son sommet à la Renaissance, mais à la fois sa crise, commençant déjà à cette époque.

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X – Marcile Ficin : la réalité de l’âme immortelle et l’illusion de l’immortalité littéraire

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L’enthousiasme que les humanistes en général ressentaient pour le pouvoir immortalisant de la littérature, a touché également le platonicien Marsile Ficin. Mais ce que les autres exprimaient comme s’ils le comprenaient littéralement, il l’a pris – semble-t-il – pour ce que cela était réellement : pour une métaphore littéraire. Les deux textes de sa plume, cités ci-dessous, nous montrent de manière adéquate son approche à cette idée si captivante pour les humanistes.

Dans sa lettre à Jacopo Bracciolini, fils du grand humaniste Poggio, Ficin loue l’historiographie et encourage son correspondant à la cultiver :

L’histoire est grandement indispensable non seulement pour adoucir notre vie mais pour nous apprendre des bonnes mœurs. Car tout ce qui est mortel, grâce à elle acquiert l’immortalité ; tout ce qui est absent, par elle devient présent. Tout ce qui est vieux, rajeunit, tandis que les adolescents atteignent vite une maturité égale à celle des vieillards. Si l’on considère comme un sage un homme âgé de soixante-dix ans, parce qu’il a fait l’expérience des événements historiques, alors celui qui a atteint l’âge d’un mille ou de trois mille ans en est d’autant plus sage ! Or la durée de la vie de l’homme semble correspondre à celle des événements qu’il a connus en étudiant l’histoire.206

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