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Le texte comme présence

Contribution à l’histoire de la réflexion sur le texte et le livre

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Juliusz Domański

Commençant par Homère et finissant avec les héritiers de l’humanisme de la Renaissance au XVIIe siècle, on suit ici les réflexions sur la puissance particulière des mots écrits, donc du texte. Grâce à sa puissance, il rend effectivement présents pour ses lecteurs tous ceux dont il parle, et qui sont, d'une façon ou d’une autre, absents, soit en raison de leur distance spatiale, soit à la suite de leur mort. De même il rend présent également son auteur. On esquisse ici la naissance de cette idée à l’époque de la littérature orale de la Grèce archaïque, ses métamorphoses dans la poésie et la prose grecques et latines de l’Antiquité, sa continuation au Moyen Âge, son sommet à la Renaissance, mais à la fois sa crise, commençant déjà à cette époque.

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XI – Thomas à Kempis et la présence plus parfaite du Christ dans l’Écriture sainte

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Ce qui nous intéresse ici ce sont deux brefs chapitres de la Lettre sur la solitude et le silence (Epistula de solitudine et silentio). L’un d’eux est intitulé « La consolation dans l’Écriture Sainte » (Consolatio in scripturis divinis), l’autre – « L’amour spirituel envers les saints » (Spiritualis dilectio ad sanctos). Ces deux chapitres forment une suite des pensées. Voici, comment Thomas à Kempis parle de l’homme formé par la nouvelle dévotion :

Quand il lit les Évangiles ou les Prophètes, ne croit-il pas parler d’une certaine manière avec Jésus et les apôtres, avec les prophètes anciens ? Et quand il lit avidement d’autres livres des gens doctes, pourquoi le fait-il, sinon pour que leur bonne compagnie l’aide à chasser de lui tout découragement ? Si tu lis souvent Augustin ou Grégoire, ne les vois-tu pas bien présents ? Du fait qu’ils ne sont plus en chair suivrais-tu leurs paroles avec moins d’affection, que s’ils vivaient et adressaient leurs propos à toi directement ? Il se peut que leur vénérable présence puisse t’être plus avantageuse, mais l’homme spirituel dépasse un tel désir, car pour lui tout le monde vit et est présent en Dieu. C’est pourquoi, en percevant dans les saints non pas tellement leur aspect extérieur, mais plutôt la grâce de Dieu, présente en eux, il les aime et vénère partout de manière spirituelle. Ces deux pères mêmes, mentionn...

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