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Présences, résurgences et oublis du religieux dans les littératures française et québécoise

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Edited By Gilles Dupuis, Klaus-Dieter Ertler and Alessandra Ferraro

Ce volume recueille des études d’œuvres québécoises et françaises considérées dans leur relation au fait religieux. À partir des écrits des jésuites et des moniales en Nouvelle-France, en passant par les modèles offerts par Molière et Chateaubriand, on suit le parcours, sinueux et parfois paradoxal, de l’autonomisation progressive du champ littéraire. Les analyses portent sur les stratégies d’affirmation, de contournement, d’oubli ou de détournement du religieux adoptées par des auteurs comme Réjean Ducharme, Anne Hébert, Michel Tournier ou Nelly Arcan. Cette perspective diachronique et transatlantique contribue à faire émerger les points de contact entre les œuvres, en créant un jeu de miroirs et de reflets fécond, dans lequel la relation au religieux s’impose comme un enjeu, parfois sous-jacent mais pourtant central, de la littérature contemporaine.

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L’invention pluriculturelle de Dieu en Nouvelle-France. Un récit des relations complexes entre sociétés indigènes et missionnaires jésuites (Nicola Gasbarro)

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Nicola Gasbarro

(Udine)

L’invention pluriculturelle de Dieu en Nouvelle-France. Un récit des relations complexes entre sociétés indigènes et missionnaires jésuites

Traverser l’histoire et l’ethnologie avec quelques questions, voilà tout mon propos.

(Michel de Certeau)

Pour l’historien des civilisations l’analyse de la présence d’un dieu en Nouvelle-France, et surtout du Dieu chrétien, ne peut pas être l’objet d’une thèse anthropologique ou d’une démonstration philosophique plus ou moins bien fondée sur des sources historiquement sûres ou sur des données ethnologiquement croyables. Dans ce cas, il ne peut s’agir que d’une construction, en même temps réelle et symbolique, de la vie des relations entre civilisations et, par conséquent, d’une sorte de récit interculturel. Comment mettre en branle un tel récit sans posséder la compétence linguistique nécessaire ? J’ai choisi ici une perspective anthropologique : nous cernerons quelques éléments de la vie quotidienne, en laissant à votre compétence intellectuelle la formalisation de sa structure ; nous focaliserons notre attention sur les paroles sociales, en laissant de côté l’imaginaire du récit.

Deux prémisses sont nécessaires. La première est anthropologique : tout récit (mythique, littéraire, philosophique, etc.) correspond à la transposition imaginaire des règles sociales et donc à un dessein symbolique (réaliste, hypothétique, utopique, idéologique, etc.) d’un ordre culturel donné du monde. L’autre prémisse,...

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